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'Institut Locarn travaille actuellement sur un projet de nouvelle école pour managers et cadres dirigeants: Diorren. Qu'en est-il?
D'abord, il est important de préciser que ce projet est à l'état d'étude de faisabilité. Il a déjà fait l'objet de beaucoup de modifications depuis qu'il est en réflexion au sein de Locarn.
Quelles modifications?
Au départ, on avait par exemple pris modèle sur des écoles en Irlande ou en Catalogne. Des projets de centres de formation surtout basés sur la langue locale. Or cette réflexion est dépassée. Si on veut former des leaders, ce n'est pas en langue bretonne qu'on va le faire. Les cours seront dispensés en français et en anglais.
Dans l'Ouest, il existe déjà des écoles formant au management (ESC, Audencia...). Pourquoi une de plus?
Aujourd'hui, tous les centres de formation de managers ont quasiment la même structure. Ce sont bien souvent des écoles de commerce qui préparent à des masters spécialisés, des MBA. Or aujourd'hui, on considère que les temps ont changé. Il y a énormément besoin de former des leaders, des managers de rupture, qui s'adaptent aux changements.
Ce qui n'est pas le cas dans les écoles de commerce?
C'est une formation bien souvent copiée sur Harvard, théorique et standard, pas adaptée aux changements de la société, de l'économie ou aux crises. Nous voulons former autrement des entrepreneurs innovants.
Et comment forme-t-on autrement?
C'est former non pas des gens qui analysent les moyens et outils nécessaires pour réussir. C'est former pour aider les futurs leaders à franchir et éliminer les obstacles: les crises, les habitudes, les principes... On veut former des managers de rupture, des managers de choc. On veut mettre l'accent sur la culture du résultat. Pas faire de belles théories et bourrer le crâne des gens. Avec ses valeurs comme la volonté, la pugnacité ou l'envie de réussir, la culture bretonne s'y prête bien. On veut proposer une pédagogie avec des méthodes interrogatives, une formation avec de l'immersion, des échanges entre candidats, car c'est le départ d'un réseau. On est aidé par l'universitaire Carlo Brumat, qui a déjà dirigé des centres de formation au Mexique et à Singapour.
À qui s'adressera cette école et quelle serait la durée de la formation?
Ce sera une formation beaucoup plus pratique. On ne va pas recruter seulement sur un cursus universitaire mais aussi sur la personnalité des candidats. La formation devrait durer 18 à 24 mois, à raison d'une semaine par mois. L'idée étant de permettre à l'entreprise qui propose un candidat d'être capable d'absorber le coût de la formation qui devrait se situer autour de 25.000 euros. Car ce ne sera pas ouvert à des jeunes qui sortent de l'école mais des gens qui ont cinq, sept voire dix ans d'expérience en entreprise.
Où seront dispensés les cours?
À Locarn. Ce n'est certainement pas le lieu le plus central, mais la structure a l'avantage d'exister. En terme de coûts, c'est un avantage indéniable.
Quel sera le budget de Diorren?
Il devrait tourner autour d'1,2 à 1,5 million d'euros. À nous de trouver a minima les deux tiers pour démarrer. Le reste sera assuré par les frais de scolarité. On compte beaucoup sur les fonds privés.
Quand cette école pourrait-elle ouvrir?
On se donne jusqu'à 2013 pour décider ou non de transformer l'essai.
École Membre de Locarn, le patron d'AES Chemunex (groupe Biomérieux) détaille le projet de centre de formation de cadres dirigeants innovant, nommé Diorren.