Aethica : «Le prix du foncier a doubléà Nantes»
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Aethica : «Le prix du foncier a doubléà Nantes»

Immobilier Nantes, victime de son succès. Patrick Fontaine, P-dg du promoteur constructeur nantais Aethica (André BTP, Le Bâtiment Guérandais, Pinard, ADI, etc.), s'inquiète du doublement du prix du foncier en moins de trois ans.

Comment évolue le pôle promotion immobilière porté par ADI?
«Les prix du foncier sont devenus déraisonnables à Nantes. Ils ne permettront pas demain de répondre aux objectifs du développement durable - le BBC-, et de présenter une qualité architecturale tout en répondant aux besoins économiques du marché.




Qu'est ce qui explique cette hausse?

«C'est la rançon du succès de l'agglomération nantaise. Le marché locatif continue de bien se tenir. C'est un marché sain qui est dans la ligne de mire d'un certain nombre de nouveaux entrants. En 2010, on dénombre plus de 90 promoteurs actifs sur la place de Nantes. Le marché nantais attire et, dans le même temps, le foncier devient une denrée rare. Cela explique la hausse des prix. Cela nous amène dans une situation proche de celle que nous avons connue en 2007. Certains gros opérateurs nationaux commencent à avoir des offres promotionnelles. C'est un signe avant coureur d'une période plus difficile...


Quelle est la hausse du prix du foncier?

«Entre la fin2008 et2011, les prix du foncier libre (NDLR: le marché privé) ont doublé sur Nantes. Parfois, ils triplent presque! C'est un peu moins vrai sur la périphérie.


Dans ces conditions, quelle stratégie pour ADI?

«Nous avons très clairement levé le pied sur le renouvellement de notre carnet foncier. Nos réserves nous permettent encore de tenir en2011 et2012. Après, nous concourrons à un maximum de concours pour les ZAC (NDLR: le marché public), où les prix du foncier et de sortie sont maîtrisés. ADI réalise 70 à 80% de son activité sur ce type de marchés où la bataille reste rude. Enfin, nous allons attaquer le marché de la rénovation de bâtiment. D'abord, parce qu'il devient de plus en plus difficile de construire en neuf sur l'agglomération nantaise. Ensuite, parce que la réglementation thermique va amener un certain nombre de détenteurs de patrimoine à s'intéresser à la réhabilitation.


Comment voyez-vous 2011?

«Entre le plan de relance et les taux d'intérêt bas, 2010 a été un peu exceptionnelle. Cette année, la situation est un peu plus normale, même si nous avons décidé de faire le dos rond et de préserver notre capacité financière. D'autant que si l'État change les règles du jeu en 2012, la profession peut s'attendre à un trou d'air de six à neuf mois. Maintenant, nous menons un certain nombre de réflexions pour coller le mieux possible au pouvoir d'achat de nos clients. Notre objectif, c'est d'arriver à construire 20% moins cher que ce que nous faisons aujourd'hui.


Comment?

«Principalement par l'industrialisation et le raccourcissement des délais. Cela passe par la mise en place d'une politique de modèles, ce qui permettrait de réduire le coût des études. Il faut savoir qu'en France on ne fait que des prototypes. L'industrialisation, c'est aussi de développer ce que nous faisons déjà avec notre partenaire Arflex, qui construit des salles de bains préfabriquées. Le fait de davantage faire appel à des industriels permet de réduire les délais sur les chantiers et donc de réduire les coûts.


Comment se porte le pôle bâtiment du groupe(André BTP, Pinard, Le Bâtiment Guérandais, etc.)?

«Le bilan 2010 sera extrêmement dégradé, conséquence d'une guerre des prix complètement suicidaire. Sur les appels d'offres, nous avons aujourd'hui l'impression de jouer à la loterie. Il y a fréquemment une entreprise qui sort d'on ne sait où une offre 15 ou 20% moins cher que toutes les autres. Il serait temps que les acheteurs prennent en compte dans leurs appels d'offres des notions de RSE (NDLR: responsabilité sociale de l'entreprise). Je souhaite en effet que les comportements éthiques et sociétaux soient pris en compte, notamment de la part des collectivités.


L'actualité du moment, c'est la réhabilitation de votre siège social situé au plein coeur de la création de l'Ile de Nantes qui suit l'installation d'André BTP à Cheviré...

«Les locaux, dans le centre de Nantes, n'étaient plus adaptés pour André BTP qui s'est installé fin 2010 sur 14.000m², dans les anciens locaux de Drouin Cattoni, qui sont situés sous le pont de Cheviré. Sur le site de notre siège actuel, nous allons nous installer dans le bâtiment de 1.300m² des anciennes halles qui va être reconstruit quasiment à l'identique. Nous déménagerons en septembre2012. Le bâtiment de 400m² que nous occupons actuellement va être mis en location pour du tertiaire. Nous allons enfin construire un troisième bâtiment qui comprendra des bureaux et 26 logements.


Pourquoi ce déménagement?

«Principalement pour pouvoir mieux accueillir nos clients. Nous allons leur proposer un showroom ainsi qu'une salle de choix de prestations. Ce sera aussi un lieu résolument ouvert sur l'extérieur, c'est-à-dire sur le quartier de la création.»

Aethica



(Nantes) P-dg: Patrick Fontaine 295 collaborateurs 33M€ de CA (construction) 68M€ de CA (promotion) 02 40 20 21 00

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