Interrompu depuis novembre 2012, le chantier du futur aéroport du grand Ouest devrait reprendre cette année. C'est du moins l'ambition de l'État qui, par la voix de Patrick Gandil, directeur général de la Direction générale de l'aviation civile, a fait part de sa « détermination à aller jusqu'au bout ». À Notre-Dame-des-Landes, le chantier « va démarrer en 2014 », a déclaré le haut fonctionnaire.Les représentants de l'État refusent toutefois d'en dire plus sur le calendrier du projet. D'une part, « pour ne pas donner rendez-vous aux opposants », dont deux cents sont toujours illégalement retranchés sur le site du futur aéroport, selon une estimation de Christian de Lavernée, préfet des Pays de la Loire. D'autre part, parce que la bataille n'est pas encore terminée sur le plan juridique.
Derniers recours juridiques
Les quatre arrêtés relatifs à la loi sur l'eau et aux espèces protégées, que le préfet vient de publier, seront attaqués par les opposants au transfert de l'aéroport de Nantes. Et ces recours pourraient être suspensifs. Pour Christian de Lavernée, il s'agit du dernier recours légal des anti-aéroport. Ces derniers ont d'ores et déjà attaqué le projet à 52 reprises. L'État a pour l'instant gagné 47 contentieux, cinq jugements devant encore être prononcés. Quatre contentieux portent sur la déclaration d'utilité publique du raccordement de l'aéroport à la voirie locale, et un est relatif à une ordonnance d'expropriation.Dans le bocage nantais, les travaux démarreront par le transfert d'espèces animales et végétales, une mesure de compensation environnementale. Des amphibiens, des insectes et des plantes doivent ainsi être déplacés et ce, en respectant le calendrier biologique. Les amphibiens ne peuvent ainsi être transférés qu'entre février et mai, période que précise les arrêtés préfectoraux. De même, le transfert des fûts d'arbres, habitat du grand capricorne, ne peut être réalisé qu'à l'automne. En parallèle à ces transferts d'espèces, devraient démarrer des relevés archéologiques ainsi que des opérations de défrichement.
800 emplois sur le chantier
Ces premiers travaux devraient faire l'objet d'importantes mesures de sécurité. Il y a un an, forces de l'ordre et opposants s'étaient en effet livrés à de violents affrontements sur le site du futur aéroport. Sans exclure la possibilité d'une évacuation totale de la zone, le préfet a assuré que les mesures nécessaires à la protection des personnels et des matériels des entreprises seront prises. Le chantier mobilisera jusqu'à 800 emplois.
Infrastructure Après une trêve d'un an, les travaux devraient débuter cette année à Notre-Dame-des-Landes.