Bretagne

Innovation

La chaire Maintien@domicile crée cobots et métiers de demain

Par Xavier Eveillé, le 05 juin 2018

C’est le cœur du réacteur d’une nouvelle filière en Bretagne. Le Living Lab de la chaire Maintien@domicile, qui associe la Fondation de l’Université de Bretagne Sud, la Fondation Mines-Telecom, l’Ensibs et l’IMT Atlantique de Brest, prend sa part aux mutations technologiques qui vont bouleverser les métiers de la dépendance et du maintien à domicile.

Au cœur du réacteur du Living Lab Maintien@Domicile, à l'ENSIBS de Lorient.
Au cœur du réacteur du Living Lab Maintien@Domicile, à l'ENSIBS de Lorient. — Photo : Xavier Eveillé

Imaginée par Jean-Luc Philippe, directeur de l’Ensibs (école d'ingénieurs de l'Université de Bretagne Sud), lancée il y a quelques mois, la chaire Maintien @ Domicile n’a pas vu le jour dans l'ouest de la Bretagne par hasard. La région concentre historiquement des acteurs très importants en France, comme le centre de rééducation fonctionnelle de Kerpape, à Ploemeur, ou l’unité de conception et de fabrication de matériel hospitalier du groupe américain Hill-Rom, à Pluvigner. « Le Finistère et l’ouest du Morbihan possèdent également un tissu d’aidants parmi les plus denses de France, sinon le plus », comme le rappelle la présidente de la Fondation de l’Université de Bretagne Sud, Véronique Bosc-Burel. Orange, le Crédit Agricole du Finistère, la Mutuelle Générale, la Région Bretagne, le Département du Morbihan, Lorient Agglomération et bientôt Brest Métropole concourent à l’aventure M@D.

Ne pas laisser la santé aux Gafa

« Une dizaine de partenaires co-construisent la Silver et Handicap Valley ici, renchérit Bruno Janet, conseiller spécial du président du Groupe Orange. Or, si on ne fait rien dans la santé demain, on sera comme nous sommes aujourd’hui face aux Gafa américains ! » A l'instar de son jumeau de Brest, le Living Lab de l’Ensibs de Lorient est en l’occurrence le refuge de multiples expériences et applications scientifiques : les étudiants y conçoivent les cobots qui délesteront, demain, les kinésithérapeutes des tâches les plus répétitives, travaillent sur les planchers à chutes lanceur d’alertes, équipés de capteurs et qui permettront aux personnes semi-dépendantes de vivre chez elles en sécurité.

Jérémie Valeix et Maëva Le Gloanec, deux étudiants de deuxième année d'ingénieur en mécatronique.
Jérémie Valeix et Maëva Le Gloanec, deux étudiants de deuxième année d'ingénieur en mécatronique. - Photo : Xavier Eveillé

Profession : trajectographiste

Des planchers qui font intervenir de nouveaux métiers comme celui de trajectographiste, chargé de programmer les déplacements des cobots en cartographiant les obstacles dans un appartement, en l'occurrence. Les étudiants y conçoivent aussi des applis, avec le concours des Adapei (Association départementale d’associations de parents et amis de personnes handicapées mentales). Outre les étudiants en Mécatronique, plusieurs jeunes autistes « Asperger » s’y réalisent dans la complexité du virtuel : ils excellent dans l’informatique et trouvent aussi leur place au Living Lab.

« Ce n’est pas de la recherche fondamentale mais appliquée. A titre d’exemple, le CCAS de Lorient doit nous exposer une problématique type. La chaire va se saisir de cela et travailler à des solutions concrètes », poursuit Véronique Bosc-Burel. La chaire M@D a embauché pour ces missions deux doctorants, Lydie Caetano (UBS), recrutée en décembre dernier à l’issue de sa thèse en labo des matériaux, puis en avril Maël Chevanche (Rennes I / Supelec) spécialisé dans l’électronique embarquée. Leurs profils recherche et industrie se complètent.

Jean-Luc Philippe, Bruno Janet, Lydie Caetano et Maël Chevanche.
Jean-Luc Philippe, Bruno Janet, Lydie Caetano et Maël Chevanche. - Photo : Xavier Eveillé

Croiser nautisme et handicap ?

Services d’aide à la conception de repas, cobot accompagnateur « Poppy », intégration de réseaux sociaux au téléviseur… « L’enjeu est de développer des solutions acceptables, abordables et non invasives », résument Lydie Caetano et Maël Chevanche. La data est aussi une voie d’exploration. La chaire sera aussi le lieu de développement de projets de recherche (post-docs) pour d’autres doctorants dans les trois années à venir avec un crédo : rendre générique une multitude de protocoles domestiques.

Autres pistes de travail : les systèmes en mer pour personnes handicapées en lien avec la filière nautisme. « C’est un projet en réflexion, mais tout ce qui doit concourir au développement des loisirs pour les personnes handicapées est un sujet tout aussi enthousiasmant, souligne Bruno Janet. Un système de potence pour embarquer à bord d’un bateau peut aussi avoir des applications croisées dans la vie de tous les jours ou pour monter dans un véhicule. »

L’industrie et les startups peuvent être associés, le Living Lab n’étant cependant pas « loué » aux entreprises.

Contact. Living Lab de Lorient, ENSIBS, 27 rue Armand Guillemot, campus de Lorient. Tél. 02 97 87 66 66. 

Au cœur du réacteur du Living Lab Maintien@Domicile, à l'ENSIBS de Lorient.
Au cœur du réacteur du Living Lab Maintien@Domicile, à l'ENSIBS de Lorient. — Photo : Xavier Eveillé

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