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Kership : STX Lanester : Piriou dévoile son projet de reprise

Par Ségolène Mahias, le 06 mai 2016

Mi mai, STX choisira l'acquéreur du site de Lanester Dans la bataille que se livrent CMN et Kership (Piriou-DCNS) pour ce rachat, Pascal Piriou, P-dg de Piriou lève le voile sur ses projets.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Kership, l'alliance de DCNS et de Piriou, est officiellement candidate au rachat du chantier STX de Lanester. Pascal Piriou, P-dg du groupe finistérien, nous détaille son offre et sa future feuille de route.

Le Journal des Entreprises : Comme DCNS vous êtes traditionnellement discrets, pourquoi communiquer sur votre projet ?

Pascal Piriou : Nous souhaitons pouvoir faire connaître notre projet le plus largement possible. Au-delà de perspectives industrielles, c'est surtout une vision de territoire que nous partageons. DCNS est à Lorient, nous à Concarneau et les atomes crochus sont là avec Lorient. Nos départements et le Blavet ne sont pas des frontières. Là nous parlons d'une réalité industrielle.

En quoi ce site vous intéresse tout particulièrement ?

P.P. : Le chantier du Rohu est aujourd'hui le seul site en France qui peut nous apporter une capacité de production supplémentaire. Il y a sur place des salariés avec un savoir-faire. Si nous étions choisis pour racheter STX, nous reprendrons les 42 salariés. L'autre intérêt est que le site permet une mise à l'eau des bateaux.

Quels sont vos projets à court et moyen terme sur ce site ?

P.P. : C'est très simple. Nous avons des bateaux à construire et face à cela une absence de réponse pour un calendrier de livraison. Le Rohu est la seule solution française sinon il faudrait entrevoir une solution à l'étranger ce que je ne souhaite pas. Là, nous avons déjà trois commandes de bateaux notamment le roulier pour Groix et un patrouilleur pour le Gabon. Actuellement, notre plan de charge assure du travail pour deux ans à une centaine de personnes. Le moyen terme et le long terme sont évoqués. Nous sommes là pour nous inscrire dans la durée. Piriou et DCNS ont beaucoup de dossiers sur le feu. Le chantier du Rohu nous apportera de la sérénité commerciale.

Et sur le long terme ?

P.P. : À minima, nous serons sur l'existant mais quand on voit ce qui se passe à Saint-Nazaire avec les commandes engrangées, les clients seront sans doute là. Il y aura des créations d'emplois ; la difficulté viendra peut-être d'une pénurie de personnel. Nous croyions à l'idée d'un pole naval en Bretagne Sud.

Consultés, les salariés privilégient une reprise du site par les Cherbourgeois de CMN, comment réagissez-vous ?

P.P. : Je comprends totalement leur position. Si nous avons la chance d'être retenus, nous aurons l'occasion de leur exposer de façon claire et transparente le projet. C'est normal que STX consulte ses salariés et l'avis du CE est indispensable légalement mais je ne pense pas que ce soit ce qui va infléchir le dossier pour l'un ou l'autre des repreneurs. Le choix final appartient au vendeur.

Vous bénéficiez également de nombreux soutiens locaux...

P.P. : Oui, nous avons le soutien de la filière via notamment Bretagne Pole Naval. Des industriels aussi... C'est positif. Je pense aussi que beaucoup ont en tête cette notion de pole naval en Bretagne Sud. Aujourd'hui il n'y a plus Concarneau d'un côté (NDLR où se situe le siège de Piriou) et Lorient de l'autre. Les bassins d'emplois n'ont plus de frontière. Mais une fois encore, je le répète, c'est STX qui aura le dernier mot dans ce dossier.

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