Maine-et-Loire

Industrie

Manulatex fend l'armure pour mieux grandir

Par Olivier Hamard, le 13 septembre 2018

Avec le rachat d'un bâtiment et une réorganisation en profondeur de son fonctionnement, Manulatex veut continuer de grandir à Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire) en s'orientant encore plus vers l'international.

Fabrication d'équipements en cotte de mailles au sein de l'atelier de Manulatex, dans le Maine-et-Loire.
La fabrication d'équipements en cotte de mailles mélange des procédés industriels et un savoir-faire quasi-artisanal. — Photo : Olivier Hamard - Le JDE

A bientôt 40 ans, Manulatex se réorganise et veut accélérer son développement. En 2017, l'entreprise de Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire) qui fabrique des équipements de protection individuelle pour l'industrie agroalimentaire a largement augmenté ses effectifs en passant de 67 à 99 personnes. Elle s'agrandit également, et a fait en début d’année l’acquisition d’un bâtiment vide de 1 500 mètres carrés pour y installer une partie de sa production.

Trois productions distinctes

Créée au début des années quatre-vingt, Manulatex produisait initialement des tabliers pour les secteurs de la boucherie ou de l’agriculture. Quelques années plus tard, l’entreprise a développé la fabrication d'équipements de protection en cotte de mailles en inox. Deux fabrications distinctes à laquelle s’est ajoutée une branche dédiée au design, avec les mêmes techniques que la cotte de mailles. Trois activités que la filiale du groupe sarthois Bobet souhaite aujourd’hui dissocier en se réorganisant.

« Nous avions anticipé notre développement en embauchant, précise Philippe Jaunault, le directeur général de Manulatex. En 2017, nous avons augmenté notre chiffre d’affaires de 13,5 % pour passer de 8,7 à 9,8 millions d’euros. Dans le nouveau bâtiment, nous fabriquerons uniquement les tabliers, qui représentent 25 à 30 % de notre chiffre d’affaires et nous conserverons la partie cotte de mailles sur le site actuel. » Dans ces locaux qui accueilleront une quinzaine de salariés, sera installée une seconde presse neuve et le flux logistique sera réadapté pour gagner en production. Entre achat du bâtiment et aménagement, Manulatex investit là plus de 1,3 million d’euros et porte sa surface totale à 6 400 mètres carrés.

Vers une meilleure rentabilité

Sur le site actuel, la place laissée libre par le départ de la production de tabliers permettra aussi une réorganisation de toute l’activité cotte de mailles. « Nous allons là aussi revoir nos flux, remettre en état des machines et en fabriquer de nouvelles, précise Philippe Jaunault, car c’est l’une de nos particularités : notre production de niche nous impose de concevoir nos propres outils. L’objectif est de nous réorganiser de manière plus industrielle, avec un fonctionnement nouveau que nous avons déjà entamé en nous orientant vers le lean management durable. »

Pour Philippe Jaunault, directeur général de Manulatex, la réorganisation de l'entreprise vise à accentuer la rentabilité.
Pour Philippe Jaunault, directeur général de Manulatex, la réorganisation de l'entreprise vise à accentuer la rentabilité. - Photo : Manulatex – Sandrine Walek

Pour cela, Manulatex travaille avec les consultants nantais de l’école POP (Pilotage Opérationnel de la Performance). L’entreprise espère ainsi optimiser sa production : « Nous voulons mieux organiser le travail, précise Philippe Jaunault. Nous avons fait une cartographie des chaînes de valeurs (ou Value Stream Mapping, NDLR) pour améliorer les flux, nous allons accroître la communication avec le personnel, mettre en place le management visuel de la performance, des points d’échanges quotidiens de 5 minutes pour les équipes, tout cela pour simplifier le travail et l’améliorer », décrit le dirigeant.
Et de rassurer : « Cela modifie les habitudes et a pu inquiéter au départ certains salariés mais c’est aussi un moyen de mieux responsabiliser les gens en générant moins de stress et de les fidéliser. Nous avons déjà commencé, beaucoup de choses seront mises en place en cette fin d’année et cela se poursuivra l’an prochain. »

La branche design à développer

Pour Manulatex, cette nouvelle organisation devrait permettre de rationaliser les gammes de produit et de réduire les délais en conservant sa rentabilité. La séparation physique des activités cotte de mailles et tabliers sur des sites différents va permettre de développer de front les deux activités et Philippe Jaunault voit là l’occasion d’accentuer sa présence sur le marché international en rendant l’entreprise plus performante. « Nous aurons à terme trois productions : les tabliers, la cotte de mailles et la partie design, qui représente un petit pourcentage de notre chiffre mais qui peut être amenée à se développer. Nous sommes présents dans 80 pays et voulons renforcer notre présence en Asie et en Australie, où les besoins sont croissants. Il y a aussi beaucoup de demande aux États-Unis que nous n’arrivons pas à satisfaire. Nous recrutons d’ailleurs un troisième commercial pour notre service export. »

Cette année, le chiffre d’affaires de Manulatex pourrait dépasser les 10 millions d’euros. Les commandes sont là et la réorganisation devrait accroître la production. Seul bémol, les difficultés de recrutement : « Nous pourrions embaucher 10 à 20 personnes mais nous n’avons pas assez de candidats », regrette Philippe Jaunault, qui attend aussi avec une certaine impatience l’arrivée de l’internet à haut débit.

Fabrication d'équipements en cotte de mailles au sein de l'atelier de Manulatex, dans le Maine-et-Loire.
La fabrication d'équipements en cotte de mailles mélange des procédés industriels et un savoir-faire quasi-artisanal. — Photo : Olivier Hamard - Le JDE

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