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Interview Olivier de Marignan : « Nous pensons trop dans nos entreprises, nous n’aimons pas assez »

Entretien avec Olivier de Marignan, ancien directeur général de la Banque Populaire Atlantique

Propos recueillis par Amandine Dubiez - 10 avril 2018

Il a quitté la direction générale de la Banque Populaire Atlantique en décembre et publie son premier livre, Managers, osez sortir du cadre, aux éditions MediasPaul. Olivier de Marignan revient sur son parcours et livre ses convictions de dirigeant chrétien.

Olivier de Marignan a quitté la direction régionale de Banque Populaire Atlantique en 2017.
Olivier de Marignan a quitté la direction régionale de Banque Populaire Atlantique en 2017. — Photo : Banque Populaire Grand Ouest

Le Journal des Entreprises : Pour quelles raisons avez-vous décidé de quitter la Banque Populaire Atlantique il y a 3 mois, au moment de la fusion avec la BPO, la Banque Populaire de l'Ouest ?

Olivier de Marignan : La fusion de nos deux banques régionales est une très belle opération, sur laquelle nous réfléchissions depuis longtemps. Je pouvais rester et bloquer le processus, partir dans une autre banque du groupe que l’on me proposait, ou décider de faire autre chose. J’ai eu une carrière bancaire inouïe. J'explique dans mon livre les raisons qui m’ont poussé à vouloir découvrir autre chose. Je ne suis pas en retraite pour autant ! J’ai 60 ans, je compte bien rester actif encore de longues années. Aujourd’hui, j’accompagne des dirigeants, c’est ce qui me passionne le plus. Je réfléchis aussi, avec une société de conseil, sur des offres d’accompagnement, pour franchir, dans les meilleures conditions possibles, les mutations qui se dressent devant toute entreprise.

« La doctrine sociale de l’Eglise peut venir nous aider à réfléchir au sens global de nos actions. »

Qu’est-ce que vous leur dîtes ?

O. M : Je les écoute surtout beaucoup ! J’essaie de pointer du doigt quelques sujets de fond : le sens de leur action, les équilibres de gouvernance, les principes de subsidiarité entre les comités de direction, la direction générale et le conseil d’administration. Quand une entreprise va mal, c’est rarement du fait des employés. C’est souvent lié à des problèmes de gouvernance. Les dirigeants ont une responsabilité particulière. Elle est de même nature que celle de tout manager : faire grandir l’entreprise, faire grandir les collaborateurs. Une responsabilité d’autant plus forte si on accepte de considérer que les collaborateurs nous ont été confiés.

La doctrine sociale de l’Eglise peut venir nous aider à réfléchir au sens global de nos actions. La dignité de l’individu, la notion de bien commun, le respect du principe de subsidiarité, autant de domaines qui posent des règles de gouvernance solides et durables. Elles ne sont pas évidentes à mettre en œuvre dans un monde en forte mutation. Mais précisément, ces mutations peuvent être de belles occasions de corriger des trajectoires souvent éloignées de ces règles !

« Il faut encourager les agitateurs, les outsiders, ceux qui font progresser l’entreprise. »

Renverser nos organigrammes, dégager des espaces de liberté pour nos collaborateurs, veiller à ne gâcher personne, à faire en sorte que chacun grandisse. Il faut aimer ses collaborateurs, accepter de les connaître, parce qu’ils ont des tas de choses à dire. C’est à partir d’eux que l’on peut construire quelque chose de beau, quelque chose qui nous dépasse. On n’aime pas assez dans nos entreprises !

Vous préparez un deuxième livre, un roman ?

O. M : Oui, cela se passe dans l’univers de la banque et de l’entreprise. Des milieux que je connais ! C’est l’histoire d’un employé de banque qui, un jour, va trop loin et ne parvient plus à maîtriser son environnement. Cela reste un roman, un mode d’expression qui permet de pousser les histoires au-delà du raisonnable. Dans la réalité, il faut pourtant encourager les agitateurs, les outsiders, ceux qui font progresser l’entreprise. Aujourd’hui, plus personne n’ose prendre de risque, transgresser, car il y a trop à perdre. Rester dans un carcan trop pesant ne permet pas à l’individu de grandir. Et pourtant, c’est bien là sa nature première !


Livre Managers, osez sortir du cadre, Olivier de Marignan, éditions Médiaspaul.

Olivier de Marignan a quitté la direction régionale de Banque Populaire Atlantique en 2017.
Olivier de Marignan a quitté la direction régionale de Banque Populaire Atlantique en 2017. — Photo : Banque Populaire Grand Ouest

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