«Nous sommes une start-up qui va sur ses onze ans». La formule de Stefan Knerr, le dirigeant fondateur de Vision Objects, peut prêter à sourire, mais résume bien la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui cette société nantaise spécialisée dans les logiciels de reconnaissance d'écriture. Des solutions qui transforment l'écriture manuscrite en caractères numériques exploitables par de multiples applications.
Revenus en progression
Certes, Vision Objects n'est pas une résurgence de ces jeunes pousses de la bulle internet qui levaient des millions d'euros sans même engranger le moindre centime de chiffre d'affaires. La société nantaise enregistre une croissance de 30 à 40% de ses revenus annuels depuis quatre ans. En 2008, l'équipe de 45 personnes a ainsi réalisé 4M€ de chiffre d'affaires, en croissance de 30% sur un an. Tirée à 90% par l'export, la société est surtout rentable depuis quatre ans. Reste que, malgré cela, Vision Objects s'apparente toujours à une start-up, dans le sens où elle se positionne sur des marchés émergents et continue de fournir d'énormes efforts de développement. La PME investit ainsi la moitié de ce qu'elle gagne dans la R & D.Cela lui permet d'adapter sa technologie de reconnaissance d'écriture à des supports toujours plus nombreux. «Pendant longtemps, nous ne proposions à nos clients qu'une technologie brute. Nous avons beaucoup évolué depuis en allant bien plus loin dans l'intégration de notre solution car personne n'achète une technologie mais un produit qui répond à un besoin», explique Stefan Knerr.
Rêve de jackpot...
Disponible dans 86 langues, la solution de Vision Objects s'adapte désormais à plusieurs systèmes d'exploitation (Windows, Linux,etc.) ainsi qu'à plusieurs supports: les stylos numériques, les écrans tactiles, les téléphones portables, les GPS, les tableaux scolaires interactifs,etc. Des objets communicants développés à chaque fois par des grands groupes mondiaux: Nokia et LG pour la téléphonie, Intel pour les écrans tactiles, des constructeurs automobiles allemands et français pour le GPS,etc. Le grand espoir du dirigeant de Vision Objects, c'est qu'au moins un de ces produits s'impose sur le marché mondial. «Nous chassons aujourd'hui toutes les opportunités qui sont susceptibles de décoller. J'espère que quelques-unes vont exploser et, là, ce sera pour nous le jackpot», explique Stefan Knerr. Un pactole potentiel que se disputent finalement peu de prétendants. La société nantaise ne compte qu'une demi-douzaine de concurrents à travers le monde. Pour l'heure, Vision Objects tire la moitié de ses revenus du marché du stylo digital. Celui-ci commence à s'imposer dans le monde de la santé (hôpitaux, soins à domicile) ou de la police. «Il s'en vend un peu moins d'un million dans le monde, contre à peine 10.000 il y a six ans. C'est un marché prometteur, même s'il reste encore modeste. Certains disent qu'il pourra représenter dans le futur cent millions d'unités par an. Peut-être que ce niveau ne sera jamais atteint, mais ce n'est pas si déconnant que cela comme prévision», soutient Stefan Knerr.
Croissance externe?
Ces perspectives alléchantes n'ont en tout cas pas laissé insensibles les investisseurs, à l'instar de XAnge ou d'Irus Partenaires, cette dernière étant même présente au capital de Vision Objects depuis 2000. Peuvent-elles être remises en cause par la crise mondiale? «Pour le moment, on entame cette crise avec pas mal de cash. On est bien. On aura de la croissance en 2009 même si celle-ci pourra peut-être être plus faible dans les moins à venir», indique Stefan Knerr qui veut rester offensif: «Pourquoi ne pas procéder à de la croissance externe? Si un de nos concurrents est durement frappé, on regardera toutes les opportunités».
Spécialisée dans les logiciels de reconnaissance d'écriture, Vision Objects affiche 30% de hausse de son CA en 2008. L'entreprise espère que ses efforts de R & D lui assureront une croissance exponentielle.