Pour beaucoup, la vente directe (ou vente à domicile), canal de distribution qui voit le vendeur rencontrer son client en dehors du magasin, reste une activité économiquement dérisoire. Jacques Cosnefroy, délégué général de la Fédération de la vente directe (FVD), le concède d'ailleurs volontiers: «Généralement, on pense à un secteur un peu marginal». Pourtant, la vente directe emploie entre 250.000 et 300.000 personnes en France et dégage un chiffre d'affaires annuel proche de 1,7milliard d'euros. Alors marginale, la vente à domicile? Pas vraiment, mais méconnue, certainement. Pour pallier ce déficit d'image, la FVD vient de constituer une délégation Ouest couvrant les Pays de la Loire et la Bretagne. Présidée par Philippe Tréhan, P-dg du distributeur de produits d'entretien et de cosmétiques Swipe (dix salariés, 450 vendeurs à domicile, 3,5M€ de CA), installé à Sainte-Luce-sur-Loire, il s'agit d'une des toutes premières structures régionales de la fédération. Il faut dire qu'entre Kriss Laure (Saint-Nazaire), Vorwerk France (Nantes), Fleur des Mauges (49), Beauté Océane (29) ou Ecobreizh (56), l'Ouest est un des bastions français de la vente à domicile. La FVD estime que 25.000 personnes y travaillent, pour un chiffre d'affaires évalué à 200M€.
La principale difficulté: recruter...
Ce poids économique, le nouveau président Ouestde la FVD entend encore le développer: «Le grand objectif 2010, c'est de recruter des commerciaux. Cela constitue la principale difficulté de la profession». En participant à des forums de l'emploi, en étant davantage présent dans les écoles et en renforçant les relations avec Pôle Emploi, Philippe Tréhan compte faciliter le recrutement de 10.000 nouvelles personnes dans les trois ans dans l'Ouest. Un chiffre qu'il juge réalisable: en 2008, le secteur a procédé sur le plan national à 19.000 recrutements nets et enregistré une hausse de 9% de son CA. Si les résultats de l'exercice 2009 ne sont pas encore connus, l'année est jugée «bonne» par Jacques Cosnefroy: «La vente directe a un potentiel de développement très important. Quand les circuits de distributions traditionnels se bloquent, elle peut être une solution. Avec la crise, on a d'ailleurs vu plusieurs grandes marques évoluer vers la vente directe pour essayer de se sauver». Pour passer à la vitesse supérieure, l'organisation patronale devra démontrer que la vente à domicile est en mesure de proposer de vrais métiers et qu'il y est possible d'y faire carrière. En premier lieu pour les vendeurs à domicile qui, aux côtés des salariés permanents des entreprises, forment le gros des troupes de la profession. «Culturellement, l'image s'améliore. Nous sommes passés avec la crise de la notion de complément de revenu-de l'ordre de 250€ mensuel-, à celle de la multi-activités. Le revenu du vendeur à domicile tourne aujourd'hui aux alentours de 500€ en moyenne. Et après, il est possible d'évoluer, de prendre des postes d'encadrement et des responsabilités. C'est un métier qui offre énormément d'opportunités», conclut Philippe Tréhan.
Swipe: 02.28.01.44.60. www.fvd.f
La Fédération de la vente directe vient de se doter d'une antenne pour les Pays de la Loire et la Bretagne. Celle-ci table sur la création de 10.000 emplois dans ces deux régions sous trois ans.