Si le marché des véhicules particuliers a plutôt bien surmonté la crise, terminant l'année en hausse de 10,7 %, on ne peut pas en dire autant de celui des véhicules utilitaires légers. En recul de 18,8 % sur l'année 2009, ce marché a connu sa pire période de la décennie, et sans doute de son histoire. La France, principal débouché pour les constructeurs d'utilitaires, est pourtant le pays qui, proportionnellement parlant, a le mieux résisté. Au niveau européen, les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont plongé de 30,3 % avec des pics avoisinant les -80 % dans certains pays. Le Royaume-Uni, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, des marchés à plus de 100.000 immatriculations par an, ont également baissé pavillon avec des replis oscillant entre 24 et 36 %. Les acheteurs de tous horizons ont préféré laisser passer l'orage avant de penser à renouveler leurs véhicules. Une décision économiquement rationnelle, mais aux conséquences désastreuses pour les constructeurs d'utilitaires.
Une concurrence qui grignote du terrain
Malgré un déficit d'environ 86.000 immatriculations en 2009, le marché français, qui a bouclé l'année à près 374.000 mises à la route, reste donc, et de loin, le premier marché européen en matière de véhicules utilitaires légers. Notre tissu économique, majoritairement composé d'artisans, de commerçants et de PME, constitue un véritable eldorado pour les constructeurs de fourgons, Renault, Peugeot et Citroën en tête. Le trio tricolore, qui règne sur le marché français depuis des décennies, a monopolisé 67 % des ventes en 2009. Une part qui s'est malgré tout effritée au fil des ans, passant de 82,4 % en 1980 à 65,9 % en 2007, le moins bon cru à ce jour. Les rivaux se nomment aujourd'hui Fiat, Ford, Mercedes, Volkswagen ou encore Iveco. Ces constructeurs talonnent désormais nos champions nationaux avec des gammes sans cesse enrichies et de qualité. Peugeot, Citroën et Renault conservent cependant un avantage de taille:la densité de leur réseau. La probabilité de tomber sur un garage Renault sera toujours plus forte que celle de trouver à un garage Fiat. Un argument que les artisans ne perdent pas de vue au moment de l'achat. Par ailleurs, l'offre sur le marché des véhicules utilitaires légers n'a jamais été aussi dense et diversifiée. Les nouveautés se succèdent à un rythme effréné, faisant presque regretter le temps où l'arrivée d'un nouveau VU créait l'évènement.
Un malade en voie de guérison ?
L'année 2010 verra tout de même l'arrivée de quelques nouvelles têtes qui devraient faire date. On pense ici à Renault avec le Kangoo Express Maxi et le nouveau Master, disponibles dans le réseau dès le mois d'avril, ainsi qu'au Fiat Doblo Cargo, le challenger italien du Kangoo. Gageons enfin que cette année s'achèvera sur une note plus positive que celle écoulée. Éclaircie passagère ou retour du beau temps, toujours est-il que les immatriculations d'utilitaires légers ont progressé de 7,7 % au mois de janvier. Un bon début en attente de confirmation
Privées des différentes aides gouvernementales destinées à soutenir la demande sur le marché de l'automobile, les entreprises ont ralenti, voire littéralement stoppé, le renouvellement de leur parc de véhicules utilitaires légers (VUL). Artisans, commerçants et PME, habituellement gros consommateurs d'utilitaires légers, ont fait l'impasse sur ces dépenses en 2009, précipitant le marché des VUL dans la tourmente. Et si c'était le moment de renouveller sa flotte d'utilitaires ? Tour d'horizon du marché et des opportunités.
Louis Bergognon