Usimeca : Salariés et élus demandent des comptes
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Usimeca : Salariés et élus demandent des comptes

MECANIQUE La liquidation sèche du sous-traitant aéronautique Usimeca soulève des questions. Ses 27 salariés et les élus locaux réclament des explications.

En l'espace de 48h les salariés d'Usimeca ont vu leur usine fermer. « Le lundi 2septembre à 13h, on nous a annoncé que l'entreprise était en cessation de paiement. Et que les délégués du personnel étaient convoqués au tribunal de commerce le mercredi. Ce jour-là, à 13h le tribunal prononce la liquidation immédiate. À 15h30 le P-dg Maurice Herblin et notre DRH annoncent la nouvelle aux salariés, leur demandent de récupérer leurs effets personnels afin de quitter les lieux. Puis ferment les portes à clé », raconte un salarié d'Usimeca à Challans. Le spécialiste de la mécanique de précision usinait des pièces de grande dimension pour Airbus ou Aérolia. « On savait que les finances étaient tendues mais de là à se retrouver au tribunal..., commentent les représentants du personnel. Le carnet de commandes a toujours été assez stable. »






« Des façons de patron voyou »

Une pratique de « patron voyou », dixit le maire de Challans, conseiller général et ancien chef d'entreprise, Serge Rondeau. S'il ne juge pas le fond, la forme le scandalise. L'élu multiplie aujourd'hui les contacts avec des repreneurs potentiels pour le site. À la tête du département, Bruno Retailleau s'étonne, lui, de ce que le propriétaire d'Usimeca - le groupe Mesure basé à Saint-Brévin - a bénéficié en juillet2012 d'un prêt régional de redéploiement industriel (P2RI) d'un montant de deux millions d'euros . « Rien ne permettait de présager d'une telle évolution », a aussitôt répondu Christophe Clergeau, vice-président de la Région en charge de l'économie. Sollicitée, la direction s'est finalement fendue d'un communiqué fin septembre. Elle explique que l'usine accumulait les pertes depuis trois ans (1M€ en 2010, 275.000 € en 2011) « Le groupe Mesure a procédé à l'acquisition de la société en2010 alors qu'elle se trouvait en difficulté »




« Concurrence d'ex-salariés »







Son redressement n'ayant pu être opéré, « à raison notamment d'une concurrence particulièrement agressive de certains anciens salariés d'Usimeca, qui se sont implantés à proximité du site ». Un argument qui surprend les représentants du personnel : « ces concurrents ne traitent pas les mêmes pièces... » Certains pensent plutôt que le dirigeant Maurice Herbiln aurait voulu gagner des parts de marchés en prenant des contrats à perte.




« Tout n'a pas été tenté »

Quant aux rumeurs de délocalisations - le groupe Mesure disposant d'un autre site de production au Maroc - la direction les balaie d'un revers de main. L'outil d'Usimeca serait unique et n'aurait pas été transféré, donc pas de transfert d'activité possible. Contactée le dirigeant n'a pas souhaiter donner plus d'explications. Plusieurs questions restent cependant en suspens. Notamment pourquoi Usimeca n'a-t-elle pas sollicité l'aide du tribunal de commerce avant l'inévitable? Si aucun industriel ne venait à racheter les bâtiments machines afin de relancer l'activité, les salariés pourraient toutefois rebondir. « Nous sommes sur un secteur dynamique. On devrait retrouver du travail assez rapidement je pense » conclut un salarié.

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