Quelle est la stratégie à l'export de Nexio ?
L'export faisait partie de notre projet initial mais nous avons attendu que notre activité logiciels soit pérenne en France pour nous engager dans cette démarche. Dans un premier temps, nous avons étudié la faisabilité de ce projet avec des grands comptes internationaux comme Freescale en Allemagne. Nous avons réfléchi pendant un an et demi à la manière de faire, par exemple comment travailler avec des distributeurs. Et nous avons compris l'importance de l'avant et après-vente notamment quand on travaille à l'export. Fin 2007, nous étions prêts et nous visions d'abord l'Allemagne. Dès juin2006, nous avions eu des contacts avec des distributeurs allemands qui vendaient essentiellement des logiciels américains mais ils ne sont revenus vers nous qu'à l'automne 2007. En parallèle, nous avons prospecté en Chine et aux États-Unis.
Selon vous, cette stratégie est mixte. Pourquoi?
En effet, l'export, pour nous, c'est aussi collaborer sur des projets R&D avec des entreprises étrangères. Dans le cadre du programme Eurostars, nous sommes leader sur un projet baptisé Net-EMC (développement de logiciels de simulation, ndlr), dans lequel nous travaillons avec des Espagnols et des Turcs. Nous sommes également en train de monter un projet dans le cadre du programme Eniac avec des Allemands, des Suédois et des Espagnols.
Où en êtes-vous aujourd'hui?
En Allemagne, nous commençons véritablement à nous développer. Aujourd'hui, nous avons gagné tous les gros clients de nos concurrents. Et nous sommes en train de discuter pour créer une structure avec notre distributeur afin de gérer les aspects techniques sur place. De plus, nous avons rencontré une société qui fabrique des produits complémentaires aux nôtres (logiciels de gestion de laboratoires d'essais, ndlr). Nous allons distribuer leurs produits en France et faire du co-développement. Pour ce qui concerne les États-Unis, cela fait trois ans que nous réfléchissons à créer une filiale. Ce sera chose faite en juin. L'aspect technique sera assuré par un consultant sur place et la composante marketing, très importante sur ce marché, sera gérée dans un premier temps depuis Toulouse. Enfin, nous avons beaucoup avancé avec la Chine où nous avons signé un premier contrat avec un distributeur.
Quels autres pays visez-vous ?
Nous avons en ligne de mire tous les pays où il y a de la conception électronique: la Corée, le Japon, l'Inde, le Brésil et le Canada. Dans le cadre d'Aerospace Valley, nous allons prospecter au Canada grâce à la mutualisation d'un VIE avec d'autres entreprises du pôle. Il aura pour mission durant la première année d'estimer le marché en terme de volumes.
Quel est le but du club des entreprises primo-exportatrices que vous présidez ?
Pour l'instant, ce club, complètement gratuit, a réuni deux fois une vingtaine de chefs d'entreprise autour de l'international. La prochaine réunion aura lieu le 16juin lors du Forum Destination International à Entiore. Le but est que chacun amène son expérience et la partage avec les autres. Si, un an après être entrées dans le club, des entreprises me disent qu'elles ont commencé à prospecter ou trouvé un distributeur, je serai fier que le club ait rempli sa mission.