Un mois vu par Philip McLaughlin

Un mois vu par Philip McLaughlin

Directeur Bordeaux école de management (BEM) Parcours Né le 22 avril 1954 à Liverpool Professeur Ancien directeur de l'ESC Toulouse Président du Club des grandes écoles d'Aquitaine

Les révolutions tunisiennes puis égyptiennes «Je suis un grand lecteur de presse et ce qui m'a amusé, c'est la capacité des journalistes à zapper d'un événement à un autre, ce qu'on appelle le story writing. Après le départ de Ben Ali, du jour au lendemain, plus personne n'a plus parlé de la Tunisie pour passer à la révolution égyptienne. Quelques jours plus tard, ils se demandaient si la Libye allait à son tour faire sa révolution. Les journaux passent d'un événement à un autre sans plus d'analyse, notamment sur les conséquences internationales, et c'est dommage, car nous sommes dans un monde global.»




Le forum social mondial à Dakar

«J'étais sur place pendant ce forum non pour y participer mais parce que j'y donnais des cours à des étudiants. Ce qui m'a désolé, c'est le manque de confrontation d'idées. Ils restent entre eux à prêcher la bonne parole alors qu'un débat serait plus intéressant. Parfois de bonnes engueulades c'est bien aussi. Je regrette beaucoup la simplification du discours politicien. Aujourd'hui, on est plus dans le slogan que dans le débat public. La communication ne doit pas empêcher la réflexion et le débat est nécessaire.»






La polémique autour de l'essai de Stéphane Hessel «Indignez-vous»

«J'ai lu cet essai et je trouve que le débat autour de ce livre a été faussé parce que je ne pense pas que Stéphane Hessel disait simplement d'en rester au stade de l'indignation. Certains thèmes évoqués notamment économiques, m'interpellent. Depuis quelques années, les États ont eu trop tendance à se faire déposséder de leurs pouvoirs politiques et à privatiser pour tout mettre aux mains de l'économie et du marché. Je suis un enfant des conquêtes sociales et je ne pense pas que le marché soit la solution à tout. Je suis pour une répartition plus juste, plus équitable des richesses mais ce n'est pas être contre l'économie ou l'entreprise que de dire cela. Je ne pense pas qu'il faille être de droite pour avoir une vision de l'économie. Il faut aussi une analyse de gauche.»




Les faits divers

«J'aime lire les faits divers dans la presse. On est là dans le vrai humain: la haine, l'amour, l'incompréhension. De vrais révélateurs de l'âme.

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