À Halluin, les Tissages de la Lys viennent d'obtenir de la succession Picasso la licence pour reproduire des oeuvres du maître sur des coussins et tapisseries. Un nouveau relais de croissance s'ouvre pour la PME textile. Les Tissages de la Lys ont décroché un précieux sésame, fruit d'un travail de longue haleine. «Nous pouvons fabriquer trois coussins et trois tapisseries sur les bases de tableaux de Picasso avec l'accord de la succession familiale. Les premiers contacts datent d'il y a 5ans», annonce Jean-Marc Viénot. Directeur général des Tissages de la Lys depuis moins d'un an, il mise sur ces nouveaux supports synonymes de valeurs ajoutées pour l'entreprise textile fondée en 1878 et partenaire de longue date des monuments nationaux.
Une image moderne
«Picasso nous donne une image plus moderne. C'est une collaboration enrichissante», confie Jean-Marc Viénot qui souhaite ainsi renforcer l'image de la société tout en bousculant celle de la tapisserie classique. «Notre volonté est de nous repositionner sur un savoir-faire.» Cette stratégie est passée par la vente, en 2008, du département tissu d'édition à la coupe pour l'ameublement, «un autre métier». Parallèlement, l'entreprise développe sa créativité. Une directrice artistique a été recrutée. Chaque année, son bureau de dessins publie une centaine de nouveautés. «Nous essayons de tirer notre épingle du jeu grâce à notre savoir-faire», précise Alain Pansu, qui incarne la 4egénération aux commandes de la société avec son cousin Éric Pansu. De quoi songer à un investissement de 150K€ dans de l'électronique pour métiers Jacquard.
Gagnant à l'export
Depuis plus de 130ans, les Tissages de la Lys se taillent une solide réputation mondiale, notamment grâce aux dessins médiévaux. Sous la marque Jules-Pansu, l'atelier d'Halluin confectionne des tapisseries, mais aussi des coussins, des plaids, des sacs, des trousses, des tapis... «Les accessoires de la maison représentent plus de la moitié des ventes. C'est le secteur qui marche le mieux», confie Jean-Marc Viénot qui a réorganisé sa force commerciale à l'export (15 à 20% du business). Un nouvel agent a été recruté en Italie et l'entreprise s'intéresse de près à la Chine. «Nous venons aussi de signer avec un distributeur en Australie et en Pologne. Nous sentons des frémissements à l'export», se félicite Jean-Marc Viénot, ardent défenseur du «made in France».
Géry Bertrande