Au 1erjanvier prochain entrera en vigueur le projet communautaire ICS, pour Import Control System. Une réglementation introduite dans le code des douanes de l'Union Européenne qui prévoit pour les opérateurs de nouvelles obligations vis-à-vis des services douaniers, et notamment une déclaration préalable à l'entrée sur le territoire européen de toute marchandise. Timing idéal pour Soget, leader français des Cargo Community System, systèmes de gestion informatique des données douanières, pour resserrer les liens avec ses homologues européens et créer une structure pérenne de lobbying installée au coeur du centre de décision des institutions européennes, à Bruxelles. Avec l'annonce faite à Amsterdam le 21septembre dernier de la création de l'association EPCSA (European Port Community Systems Association), Soget veut se donner les moyens d'agir sur son avenir: «le lobbying actuellement se fait sans nous, explique Jacques Ritt, le président du directoire de Soget. Il faut aujourd'hui se donner les moyens d'être plus actifs» pour influencer plus directement les politiques publiques de l'Union Européenne en matière de transport maritime.
«C'est nécessaire d'aller vers les autres»
Mais le dirigeant avance aussi un autre argument: «Les nouvelles normes ICS vont imposer que les opérations de dédouanement se fassent dans le premier port touché, d'où l'intérêt de se rapprocher des autres places européennes qui font le même métier que nous pour pouvoir prendre des engagements vis-à-vis des armateurs qui signent avec nous». En guise de première étape, la société havraise vient de conclure un accord de partenariat avec l'Allemand dbh Logistics IT AG «pour créer des passerelles entre nos solutions et le système allemand». Mais Soget ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et tend déjà la main à des opérateurs Anglais et Néerlandais. «Il n'existe pas de norme européenne dans ce domaine, c'est donc nécessaire d'aller vers les autres», estime Jacques Ritt.
«Notre modèle prévaut»
Quant à l'EPCSA qui réunit aujourd'hui Français, Allemands, Anglais, Néerlandais et Catalans, elle semble d'ores et déjà séduire de nombreux ports: «ça, c'est l'avenir de Soget», lance Jacques Ritt qui écarte d'un revers de main l'éventualité d'un Cargo Community System européen global. «La solution que nous préconisons, celle d'un système centralisé, est aujourd'hui la seule qui prévale» depuis l'échec de tentatives Hollandaise et Belges jugées «plus libérales où l'on laissait les échanges s'organiser». «Pour nous qui sommes leaders avec les Anglais, il y aura des opportunités commerciales»! Avec le lancement en juin dernier du projet e-maritime (cofinancé par le Feder et la région Haute-Normandie), guichet unique électronique d'optimisation et de sécurisation des processus métiers de l'ensemble des acteurs portuaires ou aéroportuaires, Soget a ouvert une nouvelle réflexion sur l'avenir de son CCS. «Demain, en termes de gestion électronique des formalités nous irons bien au-delà de la cargaison; tout ce qui concerne les navires, les équipages ou encore les marchandises sera intégré, anticipe Jacques Ritt. Tout cela va dans le sens d'une connaissance affinée de nos utilisateurs et cela, bien sûr, leur fera gagner du temps!»
Guillaume Ducable
Le spécialiste français des Cargo Community System renforce ses collaborations au niveau européen afin de peser davantage sur l'élaboration des politiques douanières, avec en ligne de mire l'entrée en vigueur au 1er janvier 2011 du projet Import Control System (ICS).