Qui aurait pu penser il y a encore trois ans que le créateur de Facebook allait arriver à truster les unes des médias du monde entier au même titre qu'un Bill Gates? Entre la sortie d'un film dédié à sa success story et son titre de personnalité de l'année 2010 décerné en décembre dernier par le très sérieux magazine Time, Mark Zuckerberg est arrivé à confirmer qu'il fait bien partie du présent et de l'avenir tout comme les réseaux sociaux. Avec 1,5milliard de visites quotidiennes, selon l'étude Wave 2010 d'Universal McCan, Facebook est bien plus qu'une mode, c'est une place sur laquelle les entreprises veulent aller. Au niveau régional, les marques veulent aussi être identifiées sur les réseaux d'influence. C'est le cas de Flunch, Perle du Nord, Jenlain, Golden Eyes ou encore des structures plus institutionnelles comme Applica et J'innove. D'autres explosent grâce à des jeux lancés sur la toile via les réseaux sociaux, c'est le cas de la société d'EuraTechnologies, Adictiz. L'utilité de ces espaces communautaires n'est ainsi plus à démontrer.
Une expertise locale
Mais même si pour bon nombre de communicants, ignorer la vague des réseaux sociaux serait une terrible erreur, ces derniers ont mis du temps à construire leur offre. Certains passionnés ont ainsi pris le parti de se spécialiser dans cette expertise. «Le community manager est un peu comme les Tamagotchis de l'époque. Tout le monde en veut mais personne ne sait quoi en faire. C'est pour cette raison qu'il faut apporter une véritable expertise au chef d'entreprise, lance Lionel Damm, créateur et directeur associé de la société roubaisienne On prend un café (8personnes). Nous sommes dans un marketing social et non de produit mais il répond néanmoins aussi à une stratégie, qui répond elle-même à des objectifs et à des moyens à mettre en oeuvre. Toujours selon Lionel Damm, si l'entreprise souhaite se lancer elle ne peut pas mettre moins de «2.500euros dans la stratégie et moins de 1.500euros par mois pour l'animation communautaire. C'est du temps homme dans lequel elle investit.» Outre On prend un café, deux autres entreprises font notamment parler de leur expertise à Lille: L'Autre Média et l'agence NiceToMeetYou.
Changement des mentalités
La première se présente aussi comme une spécialiste de cette nouvelle tendance. «Nous sommes créés depuis fin2007 et réellement spécialisés dans les réseaux sociaux depuis 2009», confie le P-dg de L'Autre Média (300K€;4personnes), Nicolas Quilliet. Et ce dernier d'avouer: «Quand nous avons proposé ce service dans les allées du salon VAD e-commerce de Lille en octobre2009, les gens ne savaient pas trop quoi en penser. Quand nous y sommes retournés en 2010, la donne avait changé. Depuis, le marché s'est aussi construit.»
De la croissance en 2011
Pour les acteurs du secteur, 2010 a confirmé la montée en puissance de ce service. 2011 sera l'année du développement. À l'instar de l'agence lilloise, L'Autre média, qui projette d'embaucher 6 personnes et de doubler son chiffre d'affaires cette année, NiceToMeetYou (350K€; 4 salariés et 3associés) ambitionne aussi de grandir. Alors que l'entité lilloise s'est fait connaître autour de ses stratégies d'e-réputation, elle se veut plus généraliste en terme de services. «Nous avons trois grandes activités qui tournent autour du social média management : l'animation communautaire, la production de contenus pour l'e-réputation et le social média optimisation pour générer du trafic et de la visibilité», lance Ange Pozzo di Borgo, directeur associé de NiceToMeetYou. Véritable agence transversale, l'entité lilloise souhaite aussi embaucher 2 personnes supplémentaires en 2011 et enregistrer un chiffre d'affaires de 500K€. «Le soufflé retombera sûrement mais de manière moins importante que dans d'autres secteurs de la communication. Nous sommes entrés dans une nouvelle relation client et les marques auront toujours besoin de garder ce lien avec le consommateur», conclut Lionel Damm, co-créateur d'On prend un café.
Les annonceurs ne peuvent plus passer à côté de la déferlante des réseaux sociaux. Ils veulent de l'expertise.
À Lille, certaines agences proposent déjà un conseil en stratégie d'e-réputation et d'animation de communautés. Retour sur un marché en construction.