PTC : Premiers pas dans l'univers numérique
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PTC : Premiers pas dans l'univers numérique

édition. L'éditeur normand, filiale du groupe Hersant Média (GHM), lance une première collection de livres numériques compatible avec les tablettes et autres smartphones.

«Le marché n'existe pas encore mais nous allons le tester!» En disant cela, le directeur des éditions PTC-Editions des Falaises, Jean-Marc Deverre, ne cache pas son enthousiasme. Le marché en question, c'est celui du livre numérique, toujours balbutiant mais bientôt incontournable. Un marché sur lequel l'éditeur régional (filiale du groupe Hersant Média) s'est lancé début octobre en mettant en ligne sur son site Internet une dizaine de publications numérisées à destination des utilisateurs de tablettes.




Converti au e-book

Au programme, les «best-sellers» de PTC, les romans de Michel Bussi en tête, accessibles (mais pas encore téléchargeables depuis le site) au prix de 6,90€ -contre une vingtaine d'euros en moyenne pour les versions papier. Si l'expérience a pour l'heure valeur de test, elle est dans l'esprit de Jean-Marc Deverre une première étape sur la voie de la révolution numérique qui guette les métiers de l'édition. «Aux États-Unis, les ventes de livres numériques viennent de dépasser celles des livres classiques sur un site comme Amazon», note l'éditeur qui reconnaît avoir lui-même «radicalement changé d'avis en six mois» sur la question. Grâce, notamment, à une rencontre organisée au début de l'été par l'Agence Régionale du Livre (ARL) qui a permis au dirigeant de découvrir une solution de numérisation au format Epub (Polifile, développée par Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l'Université de Caen), véritable standard en la matière, accessible et «qui permet d'intégrer du multimédia» au-delà de la simple reproduction des textes en format numérique.




«Le numérique n'a pas de limite!»

En s'affranchissant elle-même de cette «barrière technologique», la maison d'édition s'évite d'une part de céder ses droits à un prestataire extérieur, et se donne d'autre part les moyens d'engager une véritable réflexion sur sa stratégie éditoriale et commerciale. «Le champ de la création éditoriale est très large, en termes d'enrichissement de publications existantes comme de création ex nihilo», explique Jean-Marc Deverre. «La numérisation des fonds régionaux oubliés est une piste», de même que l'édition de publications plus confidentielles qui auraient représenté en version papier un trop grand risque éditorial. S'agissant des publications «100% numériques», le modèle reste à inventer, reconnaît le dirigeant qui évoque en guise de piste «les avancées réalisées sur les livres pour enfants, notamment». Quoi qu'il en soit, «le numérique dans son optique multimédia n'a pas de limite!» Pour l'éditeur régional, la traduction en termes de stratégie de ce virage numérique passera par la création d'une marque spécifique qui permette «de respecter la politique éditoriale de PTC» sur le support papier. Seule certitude, aujourd'hui le marché est loin d'être mature: «nous explorons un nouveau monde sans savoir exactement où nous mettons les pieds», résume Jean-Marc Deverre. Mais l'essentiel est d'être présent dans la fusée au moment du décollage! Une étape à l'horizon plus proche qu'il n'y paraît et qui tient pour l'essentiel à deux facteurs, analyse le directeur de PTC: «ce qui fera bouger les choses, c'est le taux d'équipement en tablettes et le prix du e-book -la baisse de la TVA à 5,5%, votée par le Parlement reste soumise au feu vert des autorités européennes. Tous les grands éditeurs s'y sont mis, mais de manière défensive, pour ne pas casser le marché du papier». Résultat des courses, les prix des ouvrages dématérialisés sont à peine inférieurs de 15% à ceux des livres «physiques» quand Jean-Marc Deverre prône une tarification proche de celle des livres de poches. Côté distribution, les ambitions de l'éditeur restent à l'image de son marché traditionnel, avant tout régionales, sans se priver des retombées en termes d'image d'une exposition plus large sur le Web. «Notre objectif premier n'est pas d'être référencés chez Amazon ou sur l'Apple Store mais plutôt de passer des accords avec des opérateurs régionaux».




Manque d'anticipation

Reste qu'aujourd'hui les éditeurs régionaux, exceptés PTC et Krakoen, peinent encore à s'emparer du numérique. Ce que regrette le directeur de l'ARL Dominique Panchèvre: «beaucoup n'ont pas anticipé ce que pouvait apporter le numérique», parfois pour des questions de coûts. «Notre travail est donc de les accompagner en sollicitant pourquoi pas à l'avenir des aides des collectivités territoriales». La constitution d'une plateforme régionale d'édition numérique est en bonne voie, étape nécessaire avant d'envisager la mise au point d'outils de diffusion et de distribution adaptés.

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