Dans le cadre de la réforme portuaire, le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) doit signer d'ici au mois de juin les conventions de cession de cinq de ses terminaux avec des opérateurs privés chargés de les exploiter. Des protocoles d'accord ont déjà été validés dans ce sens. Le terminal à conteneurs de Montoir va ainsi revenir au duo CGA-SDV, le poste 4 du terminal multivracs à Sonastock et Atlantique Négoce alors que les postes 1 à 3 iront MTTM et Sea Invest. Pour le terminal charbonnier de Roche-Maurice, c'est l'offre de Sonastock qui a été retenue tandis que Sea Invest et EDF Trading exploiteront le terminal charbonnier.
Quatre candidats à Nantes
La dernière incertitude concerne le transfert du terminal de Nantes. Une première offre de reprise formulée conjointement par Sogebras, Sea Invest et Cogemar a été jugée insuffisante par la direction du port qui a lancé un nouvel appel à candidatures. En s'associant cette fois à Derichebourg Environnement (traitement des métaux), les trois opérateurs précédemment cités y ont à nouveau répondu de manière collective. Si le transfert vers le privé de l'exploitation et des outillages des terminaux semble enclenché, celui des personnels qui y sont attachés s'avère plus compliqué. En témoigne la grève décidée par la CGT à la fin février afin d'obtenir des indemnités financières pour les personnels transférés. Pour les cinq terminaux qui vont leur être transférés, les opérateurs privés ont prévu de reprendre 86 des 147 personnels d'exploitation du port (grutiers, portiqueurs,etc). La direction du GPMNSN se retrouve donc avec 61 agents portuaires pour assurer l'exploitation du terminal de Saint-Nazaire, qui va rester dans son giron, et celui de Nantes. À la lecture de ces chiffres, la question du sureffectif du port est posée puisque ces deux terminaux représentent une très faible part d'activité du port. «Avant la crise, les personnels d'exploitation du port étaient largement occupés», assure pourtant Jean-Pierre Chalus, nouveau président du directoire du GPMNSN. «Les différentes sociétés concernées par la reprise des terminaux ont fait leur calcul et sont arrivées à la conclusion qu'elles devaient reprendre 86 personnels d'exploitation pour les faire fonctionner de manière compétitive», indique pourtant cet opérateur privé. Quant aux modalités de transfert de ces personnels d'exploitation vers ces opérateurs, c'est encore le grand flou. Le modèle retenu est celui d'une structure commune les regroupant mais rien n'est défini quant à son fonctionnement alors que leur détachement vers les opérateurs privés doit être bouclé à la fin de l'année. «Sur cette question, les opérateurs ne font pas preuve d'une grande vivacité. Le personnel est désireux de commencer les discussions mais chacun attend l'autre. Nous avons indiqué au personnel qu'il devait se manifester auprès des opérateurs avec la même ténacité qu'il le fait avec nous», note Yves Gauthier, ex-président du directoire et conseiller de Jean-Pierre Chalus.
Quid de la maintenance?
Si les modalités de transfert des personnels d'exploitation ne sont pas encore arrêtées, celles concernant les activités de maintenance n'ont même pas été abordées. Elles regroupent pourtant 152 agents portuaires travaillant sur les formes et écluses du port mais aussi sur les outillages en cours de cession. La direction du GPMNSN concède pudiquement «n'avoir aucune visibilité sur la question». Une question sur laquelle les opérateurs privés ne semblent pas encore s'être entendus.
Si le processus de cession des terminaux du port de Nantes Saint-Nazaire aux opérateurs privés est bien engagé, il n'en va pas de même concernant le transfert des personnels qui y sont liés.