Photovoltaïque : Quelles pistes pour sortir de la crise ?
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Photovoltaïque : Quelles pistes pour sortir de la crise ?

Conjoncture Confrontées à l'effondrement de leur marché, les entreprises régionales de la filière photovoltaïque en appellent à l'Etat et aux collectivités.

Après plusieurs années de croissance exponentielle, les 500 entreprises ligériennes de la filière photovoltaïque traversent une crise sans précédent. Les professionnels pointent la responsabilité de l'État qui a abaissé le crédit d'impôt des centrales solaires et qui revoit surtout tous les trois mois le prix de rachat de l'électricité. «Le plus gros problème pour nous, c'est le manque de visibilité. Il paraît normal que les tarifs de rachat baissent en même temps que nos coûts de production, mais l'État ne peut pas changer les règles du jeu tous les trimestres, comme c'est le cas aujourd'hui. Au final, les particuliers et les entreprises intéressés par le photovoltaïque ne savent plus s'ils doivent investir ou non dans ce type de solution», explique Pascal Janot, président de Systovi, jeune société de Saint-Herblain (44) spécialisée dans la fabrication de panneaux photovoltaïques intégrés au bâti.




L'État et les banques pointés du doigt

Les banquiers sont aussi dans le collimateur des professionnels. «Les banques n'ont pas coupé le robinet du crédit pour nos entreprises, elles l'ont carrément démonté. Là où elles nous suivaient sur des projets économiquement viables, elles nous disent non maintenant », explique Pacal Martin, président du collectif Sol Ouest qui regroupe plusieurs dizaines de PME du photovoltaïque dans le grand Ouest. L'association plaide notamment pour des tarifs de rachat régionalisés de l'électricité d'origine photovoltaïque. «Entre le nord et le sud de la France, il y a un delta de 40% au niveau de l'ensoleillement. Si on conserve un tarif unique, toutes les entreprises iront s'implanter à Nice», ajoute Pascal Martin.




Marchés publics

Les professionnels du secteur en appellent également aux collectivités territoriales. «Pour les marchés publics, on pourrait imaginer que des critères sociaux et environnementaux soient pris en compte lors des appels. Car aujourd'hui, l'argent du contribuable français sert le plus souvent à acheter des panneaux chinois», plaide Pascal Janot. Interpellée à ce sujet, la Région indique qu'«un travail sera conduit pour identifier ce que la réglementation des marchés publics permet pour favoriser les entreprises qui produisent et se fournissent en France». Pas de quoi encore pleinement rassurer les professionnels, à l'image de ce dirigeant d'entreprise en proie à de sérieuses difficultés. «Notre carnet de commandes s'est effondré en quatre mois. L'entreprise est en danger. Si on veut s'en sortir, c'est maintenant qu'il faut nous accompagner, pas dans quelques mois», indique t-il sous couvert d'anonymat.

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