Paris-Normandie : Restructuration annoncée
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Paris-Normandie : Restructuration annoncée

presse/édition. Hersant média et le groupe belge Rossel négocient pour rapprocher leurs activités de presse régionale. Paris-Normandie doit se restructurer.

«Nous ne serons pas en dépôt de bilan, ni en cessation de paiement. Par contre, un plan de restructuration va nous tomber dessus d'ici peu», s'inquiète un représentant syndical SNJ du Paris-Normandie. Un plan dont ni le périmètre, ni la nature ne sont connus jusqu'à présent. Ce que l'on sait de manière certaine, c'est que le groupe Hersant media (GHM) et le groupe de presse belge Rossel sont en négociation exclusives pour rapprocher leurs activités de presse régionale avec pour objectif de créer un leader de la PQR en France. Un rapprochement qui doit se traduire par la création d'une société holding détenue à parité par GHM et Rossel, à laquelle sera apportée l'intégralité des actifs des sociétés concernées: Voix du Nord et Courrier Picard pour Rossel, pôle Champagne-Ardenne Picardie et le pôle PACA (Nice Matin, Corse matin...) pour GHM. La gouvernance serait assurée paritairement par un conseil de surveillance et un directoire, dont la présidence serait dévolue respectivement à un représentant de GHM et un représentant du groupe Rossel. Dans ce cadre, les pôles presse gratuite d'annonces (Comareg et Hebdoprint) et Outre-mer de presse régionale, ne sont pas concernés et restent détenus à 100% par GHM. Un projet soumis entre autres, à certaines conditions suspensives dont l'accord des banques créancières sur la renégociation de la dette de GHM (estimée à 200M€).




Le cas Paris-Normandie

Le pôle Paris-Normandie «a vocation à rejoindre le nouvel ensemble», explique les directions de GHM et Rossel, sous condition de rétablir son équilibre d'exploitation. Une restructuration est donc indispensable pour faire partie du nouvel ensemble mais, si un temps fut évoqué un possible dépôt de bilan, il semble que le quotidien normand puisse y échapper selon le représentant SNJ: «L'accord, s'il se fait, doit avoir lieu d'ici le 15novembre, sinon il sera caduc. Nous sommes donc dans un calendrier très court. Ce que l'on craint, c'est la réduction des moyens du journal: nombre d'éditions, nombre de journalistes... Mais, en réduisant le nombre de journalistes, on réduit notre pertinence, donc notre lectorat puis notre diffusion... Il y a aussi le risque de perdre l'imprimerie et un journal qui perd son imprimerie meurt! Ce que nous souhaitons, c'est une recapitalisation sur les fonds propres, pour avoir un avenir».




Un contexte difficile

La constitution du nouvel ensemble GHM/Rossel ainsi que la restructuration de Paris-Normandie prennent place dans un contexte préoccupant pour l'avenir de la presse française. Ainsi, c'est tout un secteur d'activités qui effectue sa révolution dans la douleur: la direction de France-Soir, au bord de la faillite a récemment annoncé la fin de sa version papier avec à la clé la suppression des trois quarts des emplois, le Parisien présente un plan de réorganisation avec 48 possibles suppressions de postes et la Tribune envisage un plan social avec 17 suppressions de postes. Une situation due, en partie, aux évolutions rapides de la profession explique le syndicaliste SNJ de Paris-Normandie: «Avec la restructuration nous allons nécessairement passer par les modèles économiques du multimédia/web, ce qui nous laisse dubitatif, même si ce développement doit se faire. Car, un journaliste ne peut tout faire: son, image et le texte, en prenant vaguement des notes. Ce n'est pas possible! Et tout ça, sans moyens supplémentaires. C'est pourquoi nous avons du mal à être pertinent sur le papier et le web».



Sébastien Colle

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