Entre les mésaventures et un contexte peu favorable, l'association de business angels Ouest Angels annonce qu'elle va se détourner du marché de l'amorçage. Les mésaventures, c'est la cascade de défaillances de jeunes pousses dans lesquelles les Nantais avaient investi.Sont ainsi liquidés, en novembre2011, le Choletais Zarta Group (Cholet), en mars l'e-commerçant nantais Zoéstore et, en mai, le Parisien Malis. À côté de cela, certaines participations d'Ouest Angels peinent encore à faire leurs preuves. Et même si certaines start-ups comme le Rennais Kelbillet ont le vent en poupe, Charlotte Levenne, présidente d'Ouest Angels Capital, l'une des deux Siba du réseau, souffle: «L'amorçage, c'est catastrophique!».
Incertitude fiscale
À cela, s'ajoute un contexte «pas brillant», appuie Gilles Gergaud. Plus que la crise économique, le président d'Ouest Angels pointe du doigt les incertitudes pesant sur les réductions d'ISF pour les personnes qui investissement dans les PME. Le gouvernement pourrait en effet faire évoluer en ce mois de septembre le dispositif créé par la loi Tepa en 2007. Ce qui serait assurément une mauvaise nouvelle pour les business angels. «L'ISF est un aspect qui motive pas mal de business angels», ne cache pas Gilles Gergaud. Celui-ci vient de décider de changer le positionnement du réseau nantais. «Nous allons aller sur des jeunes entreprises qui ont commencé à prouver que leur produit rencontre leur marché», indique le Nantais. Ouest Angels tend ainsi à se détourner de l'amorçage, c'est-à-dire de la phase de R & D, pour privilégier le capital-risque et le capital-développement. Les investissements dans le site internet parisien So Romantic, qui a déjà engrangé 100.000€ de chiffre d'affaires sur son premier exercice ou au sein du Niortais R2C System symbolisent ce nouveau positionnement du réseau qui rassemble 60 business angels. Au total, l'augmentation de capital de la Siba Ouest Angels Développement opérée en mai a permis d'injecter 195.000€ au capital de jeunes entreprises, auxquels s'ajoutent 80.000 € investis en direct par les business angels.
Quid de l'amorçage?
Il devient donc de plus en plus dur pour les jeunes entrepreneurs de boucler leur premier tour de table, l'autre réseau de business angels nantais, Abab, ayant lui aussi annoncé son intention d'aller davantage sur le capital-risque. D'autant que les banques, elles aussi, «ont tendance à fermer les portes», assure Gilles Gergaud. Gageons que le fonds Go Capital Amorçage, soutenu par quatre conseils régionaux du grand Ouest, puisse donner un peu d'air aux entreprises innovantes en phase de création.
Ouest Angels
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