Née il y a dix ans au sein du groupe Bourbon pour optimiser l’exploitation de sa flotte de 500 navires, Opsealog vient de franchir une étape structurante de son histoire. Avec le soutien de Go Capital, fonds spécialisé dans la décarbonation du maritime et Sud Mer Invest, l’équipe dirigeante de cette société marseillaise spécialisée dans la performance opérationnelle et environnementale des flottes maritimes a récemment repris l’intégralité du capital. Le nouveau cap : accélérer son développement international et s’imposer comme leader mondial de la gestion des opérations offshore et maritimes d’ici cinq ans.
Une solution pionnière
Présente dès l’origine sur le marché des navires offshore, un parc estimé à environ 3 000 bateaux dans le monde, Opsealog équipe aujourd’hui près de 400 navires. Au total, plus de 1 000 unités ont été équipées au cours des dix dernières années. "Ses solutions logicielles, dont le montant de l’abonnement varie selon le nombre de bateaux à équiper, permettent d’améliorer la performance des équipages et l’utilisation des navires, avec à la clé des économies de carburant pouvant atteindre 30 %", assure son dirigeant Arnaud Dianoux.
Un enjeu stratégique quand on sait qu’un navire offshore consomme en moyenne 1,5 million d’euros de carburant par an, pour un coût de location pouvant atteindre 10 millions d’euros. "Avec notre logiciel, nous adressons plusieurs enjeux du marché : la sécurité, l’efficience des émissions, mais aussi des enjeux financiers et environnementaux", résume le PDG, dont le principal concurrent est aujourd’hui "le tableau Excel." La PME équipe la compagnie pétrolière et gazière britannique Tullow Oil, ADNOC Logistics & Services, filiale de logistique maritime et de services d’Abu Dhabi National Oil Company, les câbliers d’Orange Marine ou encore la compagnie maritime marseillaise La Méridionale.
De la donnée brute à l’impact mesurable à bord
Le modèle d’Opsealog est inspiré d’une démarche de "régime". Au commencement viennent la collecte des données embarquées et une analyse fine des usages. Elles sont ensuite suivies de recommandations automatiques, accompagnées de rapports mensuels. Les pratiques opérationnelles évoluent rapidement, avec un retour sur investissement observé en quatre à six mois. Prête à s’engager sur des résultats avec ses clients, l’entreprise revendique un modèle "Efficacité en tant que service" et des résultats significatifs : "En 10 ans, notre solution a permis d’éviter la consommation de 72 000 m3 de carburant, l’émission de plus de 200 000 tonnes de CO₂ dans le monde, générant plus de 50 millions de dollars d’économie."
Un chiffre d’affaires doublé
Avec un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2024, Opsealog (30 salariés) vise un doublement de ses revenus à horizon cinq ans, et du nombre de bateaux équipés. Pour y parvenir, Arnaud Dianoux n’exclut pas d’adresser, à terme, des marchés adjacents (remorqueurs, navires océanographiques, câbliers), même si la priorité reste, pour l’instant, de capitaliser sur l’expertise acquise dans l’offshore. La montée en puissance s’accompagne d’un renforcement commercial et d’investissements en R & D pour ajouter de l’intelligence artificielle et des modèles d’apprentissage automatique, enrichir les solutions pour répondre aux enjeux comme l’exécution contractuelle, la facturation ou la gestion des déchets.