Quand on rentre dans le bureau d'Olivier Oger, directeur général du groupe Edhec depuis 1988, on peut voir très peu d'affiches sur les murs et un bureau plus qu'épuré. Signe d'un homme discret voire secret? «Absolument pas, dit-il en souriant. Je suis présent dans les locaux du nouveau campus depuis le 2juin, mais on est en train de finaliser les travaux. Il est donc difficile de me mettre entièrement à l'aise.» Cet intermède terminé, les choses sérieuses commencent. Directement, ce Nordiste pure souche se revendique avant tout originaire de Montreuil-sur-Mer. «Je viens d'une région dans la région. Quand on a connu un paysage fait de mer et de collines, on ne connaît pas le pays minier ou la Flandre», s'amuse-t-il.
Un nom à Vauban
Mais pourtant, ses études le conduisent bien dans la capitale des Flandres, Lille. De 1970 à 1974, il fait ses armes sur les bancs de l'université catholique qu'il ne quittera finalement que l'espace de deux ans pour être, entre autre, professeur d'économie d'un lycée dunkerquois. De retour dans le quartier Vauban, il poursuit sa carrière de professeur à l'âge de 24 ans. «C'était une opportunité pour moi. Ce métier m'a permis aussi de préparer en parallèle mon 3e cycle d'économie, toujours à la Catho», précise Olivier Oger. Très vite, celui qui avoue aimer «changer les organisations et le mouvement», commence à se faire un nom dans le quartier estudiantin lillois. Il crée en effet un centre de recherche en économie agricole et agroalimentaire à la fin des années 70 et est à la fois le premier professeur d'économie de l'ISA.
Les débuts à l'Edhec
«J'ai été directeur du centre et professeur jusqu'en 1988», année où l'Edhec est venue chercher ce touche à tout. Alors qu'il dit lui-même ne pas «aimer rester immobile», il était parti pourtant pour occuper ce poste de directeur général de l'école de commerce pendant au moins 22 ans. «Je pense que mes ambitions sont en corrélation avec les ambitions que j'ai pour l'Edhec. Quand je suis arrivé à la tête de cette structure, nous n'avions que 1.000 étudiants. Aujourd'hui, nous en accueillons près de 5.500 dans nos locaux de Lille et de Nice. Rien que pour ça, je suis content d'être resté à ce poste», insiste Olivier Oger.
À l'écoute des entreprises
Quand on lui demande d'expliquer la réussite de son école, le directeur général de 58 ans le dit clairement: «Pour que cela fonctionne il faut se poser deux questions essentielles. En quoi les entreprises ont besoin de nos professeurs et intervenants? Et, comment recrutent-elles nos étudiants? Si on a ces questionnements en tête, on essaye d'être au maximum à l'écoute du marché.» Outre ce relationnel avec le monde entrepreneurial, le DG de l'Edhec est aussi un passionné de géographie et aime voyager. «Cela m'a forcément donné une ouverture d'esprit et de cultures que j'ai eue envie de donner à l'Edhec», sourit-il. Résultat de cet enrichissement international: 1.000étudiants étrangers au sein du campus de Lille.
L'heure du changement
Depuis 20 ans, justement, ce fidèle en affaire avec l'Edhec, était habitué à aller travailler dans son quartier favori: celui de Vauban. Pour la première fois cette année, il fait sa rentrée des classes ailleurs qu'à proximité de l'université catholique de Lille. «C'est l'année du changement pour nous. Nous sommes à Roubaix dans un cadre idyllique qui s'étale sur 8,5hectares et 43.000m² de bâtiments. C'est un vrai outil de travail adapté pour les besoins des élèves mais aussi des professionnels», souligne Olivier Oger. Un brin voyageur, cet entrepreneur de nature compte bien encore emmener plus haut l'Edhec. Sa prochaine destination, via un nouveau campus de recherches et de formation continue, est New York en 2013. Cette création s'ajoutera donc à celles présentes à Londres, Paris ou encore Singapour.
Olivier Oger est depuis 22 ans le directeur général du groupe Edhec, structure classée dans le top 5 des écoles de commerce les plus réputées de France. Il vient d'inaugurer sa nouvelle création; le campus de Roubaix. Zoom sur cet homme qui met l'entreprise au coeur de son système éducatif.