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drien Poggetti, vous êtes directeur de la Cantine numérique à Nantes et vous venez d'être nommé directeur délégué de Nantes Tech. L'État vient de retenir la candidature de Nantes, la « Nantes Tech », parmi les neuf villes bénéficiaires du label « French Tech », accordé aux agglomérations les plus dynamiques en termes d'économie numérique. Alors, ce label très médiatique ça sert vraiment à quelque chose ?
« Il a déjà apporté ! L'initiative du gouvernement a amené tous les acteurs locaux du numérique à se fédérer pour porter la candidature nantaise. Les écoles, les universités, les entreprises, les collectivités, les investisseurs : on s'est tous mis autour de la table pour définir un projet.
Il y avait quand même un dialogue avant ?
« C'est sûr, tout le monde se connaissait déjà. Mais on n'avait jamais eu l'occasion auparavant de vraiment se poser et de définir ensemble une vision collective.
Le gouvernement indique vouloir mettre plus de 200 millions d'euros sur la table. Mais dans le même temps, on lit sur le site de la French Tech que « ce label n'est associé à aucun moyen financier direct ». Que faut-il comprendre ?
« Concrètement, le fait d'avoir ce label n'apporte pas d'argent. Il existe des dispositifs de financement, mais ils ne sont pas uniquement réservés aux initiatives portées par les acteurs des villes labellisées. La French Tech, c'est une labellisation de l'État distinguant les écosystèmes qu'il juge les plus dynamiques. Pour nous, c'est une fierté d'avoir cette reconnaissance. Et cela permet de créer un lien direct entre l'écosystème numérique nantais et l'État. Aujourd'hui, Nantes est clairement identifiée comme étant une place forte du numérique en France. Et ses principales start-up aussi. Maintenant, à nous d'aller de l'avant.
C'est quoi le projet nantais ? Il y a le symbole, le déménagement de la Cantine, qui est le lieu de coworking et d'animation de la filière numérique. Mais au-delà de cela ?
« La Cantine va effectivement s'installer en 2017 sur l'Ile de Nantes dans les anciennes Halles Alstom. La superficie des locaux sera comprise entre 800 et 1.000 m², dans un bâtiment de 4.000 m² qui sera consacré aux industries créatives et culturelles, dont le numérique. Au-delà de la Cantine, nous voulons d'une part conférer aux deux principaux événements du numérique à Nantes, que sont le Web2day et la Digital Week, une dimension plus internationale. Avec du public, des médias et des speakers qui viennent de l'étranger. On travaille notamment avec des acteurs de Québec et de San Francisco. Et on commence à regarder ce qui se passe du côté de Shanghai.
Le gouvernement veut également développer des « accélérateurs à start-up ». Vous en êtes où ?
« Il y a déjà des choses qui existent à Nantes en termes d'accompagnement des start-up comme le programme Start-up Factory ou le Company Campus (NDLR : un incubateur privé). On veut désormais créer des accélérateurs autour de plusieurs thématiques : les industries créatives et culturelles, la santé avec la perspective du déménagement du CHU. Enfin, nous voulons créer un accélérateur autour des industries des matériaux, avec l'Institut de recherche technologique Jules Verne. Cela permettra de créer les liens entre les start-up du numérique et les grands groupes industriels de la région.
Quelle est la prochaine étape ?
« Nous allons présenter le 18 décembre le projet nantais à l'ensemble de l'éco-système du numérique. C'est un document de 140 pages qui définit un plan d'actions. L'objectif, c'est d'entretenir une bonne dynamique collective et d'embarquer tout le monde autour de ce projet.
C'est quoi votre objectif ?
« C'est d'aider à sortir des start-up prometteuses et à booster les capacités des entreprises à aller à l'international. Le but final, c'est quand même de créer des emplois sur le territoire. »
Numérique Nantes vient d'obtenir le très médiatique label gouvernemental French Tech. Ça sert à quoi ? Réponses d'Adrien Poggetti, le patron de la Cantine nantaise.