« Donner à chacun les moyens d'évoluer professionnellement et de sécuriser son parcours professionnel ». Tel est l'objectif du compte personnel de formation (CPF) entré en vigueur au 1er janvier 2015.
Méconnu et encore nébuleux
Innovation majeure de la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle, le successeur du droit individuel de formation (Dif) reste pour l'instant encore peu connu des Français. Selon une enquête menée par le site spécialisé MaFormation.fr, 79 % des interrogés ne connaissaient pas le CPF en décembre. Depuis, ils ont dû découvrir ce nouveau dispositif, puisque l'employeur était tenu d'informer ses salariés et de leur transmettre une attestation du solde de leurs heures de Dif restantes. Et ce au plus tard le 31 janvier 2015. Méconnu des salariés, le CPF apparaît aussi pour les entreprises et les services RH comme quelque peu nébuleux. En cause notamment, des décrets en attente qui laissent planer certaines zones d'ombres sur les formations éligibles au titre du CPF. Des zones d'ombres qui ont conduit certains organismes de formation, comme Lamy Formations, à proposer ces derniers mois des formations dédiées au CPF. « Ce que j'explique aux entreprises, c'est que la première chose à faire est d'informer les salariés sur la fin du Dif et de former les responsables de formation à ce nouveau dispositif. C'est important pour pouvoir répondre aux demandes des salariés », explique Alexandra Klamecki, consultante en développement RH chez Lamy Formation, en charge de la formation sur le CPF.
Les salariés prêts à se former
Et des demandes, il devrait y en avoir un certain nombre cette année. En effet, selon l'enquête de MaFormation.fr, 72 % des Français souhaiteraient se former en 2015. Mieux, 90 % d'entre eux seraient intéressés pour suivre une formation hors temps de travail. Ce qui sera désormais possible avec le CPF, et ce sans l'accord de l'employeur. Demandeurs, les salariés auront donc entièrement la main sur leur formation. Ce qui ne dispense pas l'entreprise de se pencher sur la question. « La simple gestion de compétences que l'on faisait jusqu'à maintenant ne sera plus suffisante. Avec la nouvelle loi, on passe de la gestion de compétences à la gestion de qualification. On ne nous demande plus seulement de répondre à un besoin de compétences, on nous demande à moyen et long terme de réfléchir sur comment accompagner nos salariés dans l'évolution de leur qualification tout au long de leur vie professionnelle », développe Alexandra Klamecki. Cette réflexion sera même plus large car l'employeur devra trouver la bonne articulation entre les besoins de formation exprimés par ses salariés et ses propres besoins pour faire monter l'entreprise en compétence. Bref, un travail qui passera par un véritable dialogue social pour réussir à conjuguer intérêt particulier et intérêt général.
En décembre, 79 % des Français ne connaissaient pas encore le Compte personnel de formation (CPF). Méconnu et encore nébuleux pour bon nombre d'entreprises, le dispositif qui succède au Dif revêt pourtant des enjeux majeurs. Encore faut-il savoir comment il fonctionne et comment se l'approprier !
Dossier réalisé par Gilles Cayuela