Elles ont pour nom HFEM2 et HD: les deux nouvelles gammes de presses plieuses produites par l'usine Amada de Château-du-Loir présentent une somme d'évolutions et d'innovations qui renouvellent profondément ses gammes et relancent l'activité du site après les dix-huit mois de la crise. Amada Europe, la filiale française du groupe japonais, produit des machines-outils destinées au travail de la tôle. Elle emploie 270 salariéspour100 millions d'euros de CA en moyenne par an.
Soutien à la reprise
Spécialisée dans la production de presses plieuses et de cisailles destinées au marché mondial (60% à 70% de ses machines sont exportés selon les années), l'usine sarthoise était parvenue à conserver ses 149 salariés en CDI. Mais elle avait dû se séparer de ses 12 CDD et des intérimaires dès 2009. Elle avait eu largement recours aux aides de l'État, notamment le chômage partiel jusqu'au début de l'année 2010. La situation était assez similaire dans l'autre usine de Charleville-Mézière (100 personnes), qui produit des poinçonneuses et des machines de découpe laser, et au siège français (21 personnes). L'entreprise a profité de cette période pour former ses salariés: «La formation permet de se préparer au retour à la normale mais aussi de conserver le lien entre les salariés et l'entreprise» explique Thierry Wilbert, directeur de l'usine de Château-du-Loir. Le dirigeant confie que la société n'a jamais levé le pied sur les investissements en développement, les 15 salariés du bureau d'étude ayant ainsi contribué largement à la mise au point des deux nouvelles gammes. Honneur à l'aînée: la HFE M2 est sortie en juillet dernier. Positionnée en moyenne gamme, elle a été quasiment totalement conçue à Château-du-Loir et devient un produit «global» pour le groupe, c'est-à-dire qu'elle sera aussi produite dans ses autres usines, notamment au Japon. La HD, présentée pour la première fois début décembre, se positionne quant à elle dans le haut de gamme avec notamment quatre nouveaux brevets sur la déformation du tablier inférieur. «En général, dans le travail de la tôle, les machines outils évoluent plutôt peu à peu. Or, nos clients sont des entreprises qui travaillent des tôles pour de multiples applications. Ils demandent des presses plieuses de plus en plus précises jusqu'à faire des pièces dotées de fonction mécanique», résume Thierry Wilbert. Avec la reprise d'un rythme soutenu de production, l'usine de Château du Loir a pu, fin 2010, embaucher 12 intérimaires et refaire appel à la sous-traitance.
Sans pour autant remplacer tout l'usinage, le formage est en effet beaucoup moins coûteux en énergie comme en temps tout en produisant moins de déchets. Pour atteindre la précision requise, pas de surprise, le recours à l'informatique industrielle monte en puissance. Car, et c'est là un des éléments stratégiques du groupe japonais, «nous ne vendons pas seulement une machine mais une capacité de production qui compte, bien sûr, la machine mais aussi son environnement et la formation des salariés de nos clients».
Éligibles au prêt vert d'Oseo
Les deux nouvelles gammes partagent la même philosophie: ergonomiques et conviviales (car qui dit salariés fatigués dit baisse de productivité), faciles à utiliser grâce à leur commande numérique à écran tactile, elles s'affichent «basses consommations» (en énergie comme en huile). «La conception autour de la préservation de l'environnement, par la réduction de la consommation d'énergie et la moindre utilisation d'huile, rend les deux machines éligibles à l'obtention du prêt bonifié «vert» décidé par l'État dans le cadre des investissements d'avenir et géré par Oseo» souligne Christophe Aix, responsable commercial de Amada SA, la société soeur chargée des ventes. Le prêt vert finance jusqu'à 40% du programme global d'un investissement. De 50.000 à 3M€, et remboursable sur 7 ans, il concerne les PME et les entreprises de taille intermédiaires (ETI) indépendantes, deux catégories très représentées dans les clients du groupe. «Nous sommes vraiment dans l'innovation de rupture. Nous pensons que la demande ira de plus en plus vers la haute technologie car le client cherche avant tout à réduire le coût de production de chacune de ses pièces» conclut Thierry Wilbert.
Amada Europe SA
(Château du Loir) Directeur de site: Thierry Wilbert
270 salariés (dont 153 à Château-du-Loir) CA: 100M€
02 43 38 53 67 @email