Se lancer dans la vente en ligne est parfois une véritable révolution pour des entreprises qui ne pratiquaient jusque-là pas ou peu la vente directe. Ce grand saut impacte la gestion logistique au quotidien, et les aspirants à l'e-commerce peuvent trouver une solution du côté de l'externalisation. Mais attention, il ne faut pas se jeter à l'eau prématurément. «Dans un lancement d'activité, il me semble judicieux de commencer par traiter soi même en interne la logistique. Avant de réussir à en déterminer le coût», préconise Jean-Paul Crenn, à la tête de WebColibri, société spécialisée dans le Conseil en e-commerce. Mais surtout, avant même de considérer l'externalisation logistique, il faut essayer de voir à quel point la vente en ligne va changer le mode de fonctionnement logistique. Le choc est souvent dur pour des acteurs évoluant jusque-là exclusivement dans le b-to-b, habitués à des commandes massifiées se faisant à la palette ou au carton, et qui décident de se lancer dans le b-to-c et ses commandes à l'unité, fortement consommatrice en temps et en main-d'oeuvre. «Beaucoup de choses dépendent du volume et du type de produit. Imaginons que l'entreprise qui a pour habitude de livrer des palettes entières de sticks pour les lèvres à des distributeurs passe, en complément de revenu, à un mode b-to-c. Difficile pour elle de mettre en place des méthodes de préparations de commande à l'unité. L'externalisation s'impose», illustre Alain-Bernard Duvic, senior manager chez Mazars. Chez l'entreprise lyonnaise Morin Logistic, spécialisée dans la logistique de l'e-commerce, le volume moyen d'expéditions journalières des clients varie entre 50 et 30.000 commandes. En deçà de ses cinquante commandes quotidiennes, sorte de ticket d'entrée, impossible de faire affaire avec ce prestataire. Le prix? Alain Fournis, directeur commercial de l'entreprise, reste discret sur le sujet, explique que le coût dépend avant tout de la nature des produits, de la volumétrie des pièces à stocker et bien entendu du nombre de commandes à expédier. «En moyenne, la logistique représente environ entre 7 à 25% des coûts d'un acteur se lançant dans l'e-commerce», explique-t'il.
Une question de volume
D'un point de vue opérationnel, l'externalisation passe par la définition d'un cahier des charges entre vendeur et prestataire. Celui-ci réceptionne directement les produits vendus en ligne par le vendeur. Dans le cas de Morin Logistic, elles sont stockées sur 150.000 mètres carrés d'entrepôts repartis en France. Contrôlées, les marchandises sont alors prêtes à être commercialisées sur les sites marchands. Ces derniers pouvant alors communiquer informatiquement et «au fil de l'eau», les commandes des internautes afin que celles-ci puissent être expédiées par le logisticien. On l'aura compris: l'externalisation de la logistique vient souvent avec les volumes de vente. Dès lors que la couverture de stock à assurer pour garantir les délais de livraison raisonnables ne peut être conservée en interne. Dès que le nombre de commandes journalières ne peut être traité par les ressources internes de l'entreprise.
La démarche peut apparaître complexe et peu rassurante. Pourtant, il existe sur le marché des réponses solides.