«J'ai rapproché acheteurs publics et producteurs locaux»
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«J'ai rapproché acheteurs publics et producteurs locaux»

son défi Pour promouvoir les circuits courts, le négociant en produits frais Pascal Grosdoit a organisé une rencontre entre acheteurs publics et producteurs régionaux.

«Grosdoit est une entreprise spécialisée dans le négoce de produits frais qui intervient principalement sur le marché de la restauration collective. Le 15juin dernier, nous avons organisé sur une exploitation de Hericourt-en-Caux une rencontre inédite entre, d'un côté, des acheteurs publics et de l'autre des producteurs régionaux de bovins de race normande qui nous avaient sollicités et avec qui nous travaillons depuis près de deux ans maintenant». «L'idée était d'associer autour d'un même événement les acteurs d'une filière globale dite circuit court, afin que chacun puisse écouter l'autre, ce qui n'est pas toujours évident! Nous avons donc rassemblé une trentaine d'acheteurs publics représentant des municipalités, notamment. Des personnes concernées par le sujet mais aussi d'autres qui s'interrogent encore. L'objectif était donc de leur expliquer le quotidien d'une exploitation, son fonctionnement concret afin que chacun prenne conscience des problématiques de l'autre».




«Transparence totale»

«Cela a été l'occasion de tisser un lien qui n'est plus uniquement commercial ou marketing mais plus humain, en prenant la mesure de ce qu'est l'achat en circuit court: nous avons abordé les questions liées au transport, aux rejets de CO2, les problématiques agricoles liées au climat ainsi que la notion de traçabilité. Quelque chose de très direct, très humain et dans une transparence totale. Les entreprises ont naturellement une démarche orientée vers le commercial, la volonté de faire des échanges. Mais lorsque l'on aborde des sujets de fonds (approche morale, racines culturelles...), on sent les gens intéressés et concernés. Les participants ont apprécié ce rapport de proximité, cette volonté de rendre les choses simples et accessibles, des choses que l'on avait peut-être un peu oublié: quand un exploitant ou un acheteur public s'exprime avec ses mots, on prend mieux conscience des choses, comme lorsqu'ils expliquent comment sont rédigés les appels d'offres, comment sont fixés les prix des repas. Au final, je crois que les raisonnements des uns et des autres ont changé. Au fonds, l'idée c'est de trouver un moyen pour que le produit dit circuit court ne soit pas plus onéreux qu'un produit industrialisé. Pour nous il s'agit d'un véritable travail sur la race normande: culturellement, économiquement c'est du terreau normand dont on parle. On parle de lait, de fromage, d'image de la Normandie dans sa globalité!» «Pour nous, cette rencontre aura été utile, également, car cela nous permet de mieux sentir la nouvelle sensibilité des acheteurs tout en confirmant que nous sommes sur la bonne voie. Cela donne une autre dimension à notre projet d'entreprise».



Propos recueillis par G.D.

Grosdoit
(Rouen) -Dgt: Pascal Grosdoit -Effectif: 20 -www.grosdoit.com

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