Dire que Jacky Charruault est attaché à l'Eseo, le nom actuel de celle que l'on appelait École supérieure d'électronique de l'Ouest, est un doux euphémisme. Certes il a vécu pendant trente ans sa vie professionnelle du côté de Nantes, mais la grande école a été son premier employeur et devrait être aussi son dernier. «Un retour aux sources que je n'avais pas imaginé une seconde jusqu'en 2001, date à laquelle j'ai rejoint l'école en tant que directeur du développement.» Depuis, Jacky Charruault n'a de cesse de se démener pour faire grandir la grande école qui l'a formé. Sous sa coupe, il est directeur général depuis 2002, l'Eseo a accéléré son développement. Outre Angers où le Chanoine Jeanneteau l'a créé en 1956, l'école a déployé ses formations à Dijon, Paris et Shanghai. «C'est une stratégie qu'il fallait mettre en place. J'ai toujours considéré l'Eseo comme une PME, comme toute entreprise elle est positionnée sur un marché et doit répondre à la demande.»
L'Eseo, une PME de 70 salariés
Si on se penche sur quelques chiffres relatifs au groupe Eseo, on comprend aisément pourquoi Jacky Charruault parle entreprise. L'école angevine est une vraie PME du paysage économique départemental avec ses 70 salariés, un chiffre d'affaires 2008 de 6,8M€ (5M€ en 2002), un investissement annuel de 600.000€ dans du matériel et près d'un millier de clients. Et ces ?clients?, ce sont pas moins de 900 étudiants qui fréquentent quotidiennement les locaux de la rue Merlet-de-la-Boulaye, à deux pas de la Catho et du centre-ville d'Angers. Alors, Monsieur Charruault, à l'Eseo, on parle d'étudiants ou de clients? «Je le redis, ma conception de l'école est qu'elle est une entreprise. Les étudiants sont des pros qui viennent acquérir des compétences. Le diplôme n'est presque qu'une attestation du suivi de la formation.» Mais que l'on ne se trompe pas, dans l'esprit du directeur général, la mission de l'Eseo est bien éducative. «Je suis salarié d'une entreprise qui ne travaille que sur l'humain, qui aide des jeunes à construire leur avenir. Les étudiants-ingénieurs sont forcément de bons professionnels, je crois que ceux de l'Eseo sont également porteurs de valeurs. Ils sont travailleurs, humbles et respectueux, et cela, c'est tout aussi important que de maîtriser tel ou tel process hi-tech.»
Un manuel au métier intellectuel
Alors, un brin paternaliste, Jacky Charruault? «Sans doute le suis-je sans trop le vouloir. J'ai un boulot qui est sur l'humain et j'y crois. On ne peut pas se louper pour nos étudiants, cela m'occupe beaucoup l'esprit.» Et aussi pas mal d'heures, puisque notre homme ne rechigne pas à participer aux animations, salons, portes-ouvertes avec les étudiants. «J'arrive quand même à trouver le temps de vivre ma vie en dehors de l'Eseo», souligne-t-il. Et là, Docteur Jacky se transforme en Mister Charruault! En effet, ce qu'il aime par-dessus tout, c'est la campagne et le travail manuel, à mille lieues du hi-tech de cette Eseo en plein centre-ville. «Mon père était maçon, j'allais avec lui sur les chantiers. J'ai besoin du travail manuel, parce qu'on voit le résultat immédiatement, tout le contraire de la formation. Ma spécialité, c'est le bois. C'est fabuleux à travailler, il faut prendre en compte le sens des fibres, l'essence, on voit évoluer la pièce.» Pour ce qui est de la campagne, c'est simplement que Jacky Charruault aime être à l'air libre. Son plaisir: pouvoir enfourcher un vélo ou un VTT et parcourir les petites routes ou prendre cannes à pêche et hameçons et descendre jusqu'à la rivière. «Vivre en ville, très peu pour moi!» Ou alors tout près, mais vraiment tout près de son école...
L'Eseo connaît depuis plusieurs années un fort développement. Une croissance menée par son directeur, Jacky Charruault. Ambassadeur de l'Anjou, et particulièrement de sa filière électronique, il a fait de la grande école angevine une entreprise internationale de premier ordre.