Annoncée le 21 septembre, l'installation est intervenue début août. Baptisée CAI, la cellule automatise une partie de l'assemblage de l'Intelis wSource, jusqu'ici réparti entre trois îlots de fabrication semi-automatisés. Un robot Stäubli y prend en charge la manutention des compteurs et leur mise en bac de conditionnement, tandis que les exemplaires jugés non conformes sont automatiquement écartés vers une zone dédiée. Le poste reste alimenté par un opérateur. Itron ne communique pas le montant investi dans l'équipement.
Une automatisation engagée après trois ans de montée en volumes
Le compteur communicant est produit à Mâcon depuis fin 2022. Face à la progression des volumes, l'industriel avait d'abord élargi ses capacités manuelles en 2023 et 2024 par l'ouverture de nouveaux îlots, avant d'engager leur automatisation une fois les procédés stabilisés.
La cellule prend en charge l'assemblage du bas du compteur et les contrôles qualité associés, dont le contrôle d'étanchéité. Les changements de série sont automatisés : la lecture du code-barres de la référence déclenche l'adaptation des réglages au modèle produit. L'ensemble des étapes et des contrôles fait l'objet d'un enregistrement systématique. Tout compteur présentant une anomalie reste bloqué dans le système tant qu'il n'a pas été traité.
« Cette nouvelle cellule de production automatisée nous permet d'accompagner la montée en cadence d'Intelis wSource tout en renforçant la maîtrise de notre processus de fabrication », détaille Cyril Adjimi, responsable du service Manufacturing Engineering chez Itron.
Sept à huit mois de développement, 21 % d'investissement en moins
Le site a fait le choix de réutiliser des postes manuels déjà en production depuis deux à trois ans, plutôt que de concevoir un équipement entièrement neuf. Cette méthode aurait permis de ramener la durée du projet à sept ou huit mois, quand ce type d'équipement demande habituellement de neuf à douze mois, tout en abaissant l'enveloppe d'investissement d'environ 21 %. Sa conception a été confiée à un intégrateur basé non loin du site mâconnais, sans qu'Itron en dévoile le nom.
Côté performance industrielle, Itron table sur une progression de 0,6 point du rendement au premier passage sur les bancs hydrauliques et de 0,5 point sur le rendement global de fabrication du compteur, l'objectif étant de porter ce dernier à 90 %. La cellule est dimensionnée pour alimenter les trois îlots actuellement en service et pourra à terme en accueillir un quatrième.
Jean-Philippe Fieldes, directeur du site de Mâcon, souligne : « Alors que nos marchés continuent de se développer, cet investissement constitue un levier essentiel pour accroître nos capacités de production, améliorer la qualité et renforcer notre excellence opérationnelle ».
Une trentaine de recrutements depuis 2025
Cette automatisation s'inscrit dans une modernisation engagée de longue date sur le site. Itron y a d'abord automatisé l'assemblage des totalisateurs, puis des boîtes mesurantes, avant d'étendre la démarche aux modules de communication, avec une première machine en 2019 et une seconde en 2025. La partie hydraulique des compteurs mécaniques a été automatisée en 2020.
Le site, qui compte aujourd'hui près de 70 robots après le remplacement de ses trains logistiques par des robots mobiles autonomes entre 2022 et 2025, n'a supprimé aucun emploi permanent, indique Itron. L'entreprise précise avoir recruté une trentaine de personnes depuis 2025, portant l'effectif du site à environ 400 salariés. D'ailleurs, une vingtaine de postes restent à pourvoir.
Les missions des opérateurs évoluent vers davantage de conduite, de paramétrage et de contrôle des équipements, un virage accompagné de formations dispensées avec les fournisseurs de robots.