Sur les 151 projets industriels annoncés par l’Elysée dans le cadre de l’édition nationale de Choose France, seuls une trentaine sont nouveaux. Habituellement dédié aux investissements étrangers, l’événement Choose France qui s’est tenu ce 17 novembre à la Maison de la Chimie à Paris, est cette fois réservé aux investissements français.
9,2 milliards d’euros d’investissements nouveaux
Au total, l’ensemble de ces projets représentent 30,4 milliards d’euros d’investissements, dont 9,2 milliards d’euros sont dédiés à des projets qui n’ont pas déjà été annoncés jusque-là, selon le gouvernement.
C’est le cas d’Eclairion, entreprise spécialisée dans les calculateurs à haute densité et dans l’intelligence artificielle, qui va investir 2,5 milliards d’euros sur ses prochains sites en Moselle (Grand Est) dans les quatre ans à venir.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la start-up marseillaise Sesterce a quant à elle confirmé 1,5 milliard d’euros d’investissement dans un data center à Alixan près de Valence. En février dernier, l’entreprise évoquait un projet atteignant 1,8 milliard d’euros en intégrant le coût des serveurs. Dans la même région, Elyse Energy a annoncé 70 millions d’euros d’investissements dans des projets de production d’e-méthanol en Isère et de carburants d’avion durable dans les Pyrénées-Atlantiques.
Dans les Hauts-de-France, Opella a annoncé investir 15 millions d’euros dans son usine de Compiègne pour augmenter les volumes de fabrication et améliorer le volet environnemental du site.
Des projets nouveaux déjà annoncés par les industriels
Parmi les nouveaux projets cités par le gouvernement, certains ont aussi déjà été annoncés par les industriels. C’est le cas d’Urgo, qui a indiqué investir 60 millions d’euros dans une nouvelle usine de la Loire ou encore Holosolis qui injecte 800 millions d’euros dans son usine du Grand Est. Le fabricant de panneaux photovoltaïques vient d’ailleurs d’annoncer avoir sécurisé plus de 200 millions d’euros sur ce projet.
Toute sorte de secteurs concernés
"Ces investissements concernent toutes sortes d’entreprises, un tiers de grandes entreprises, 15 % d’ETI, 25 % de PME et 25 % de start-up. On y retrouve toutes sortes de secteurs", a commenté Roland Lescure, ministre de l’Économie à l’ouverture de Choose France. Il cite notamment les cosmétiques avec L’Oréal qui a investi 60 millions d’euros dans son usine de Gauchy (Hauts-de-France) ou encore la santé avec Opella qui annonce augmenter le volume de production de Doliprane de 150 millions de boîtes supplémentaires par an, selon le ministre.
Réindustrialiser "malgré les difficultés"
Pour l’exécutif, cet événement est surtout l’occasion de faire passer plusieurs messages aux entreprises. "Nous allons être à vos côtés pour qu’ensemble, malgré les difficultés, on puisse retrouver les voies d’une réindustrialisation", a prévenu Roland Lescure. Pour le ministre de l’Économie, la période est difficile d’un point de vue budgétaire et international.
L’examen du budget 2026 à l’Assemblée nationale a conduit les députés à adopter plusieurs mesures visant directement les entreprises comme des créations de taxe mais aussi, à l’inverse, l’accélération de la baisse de la CVAE. Pour Roland Lescure, il est en effet "hors de question que la stabilité politique se fasse sur le dos des entreprises, il faut trouver des voies de passage qui font en sorte qu’on va tous contribuer au redressement budgétaire".
"L’Europe doit être au rendez-vous"
Le ministre de l’Économie a également cité "l’environnement mondial bouleversé" avec la concurrence de la Chine dans plusieurs secteurs clés et les taxes sur les importations mises en place par les États-Unis. Face à ce contexte international, "l’Europe doit être au rendez-vous", a martelé Roland Lescure, notamment avec la préférence européenne et le soutien de la production locale.
Ce discours est tenu quelques semaines après la publication du baromètre industriel de l’État. L’outil de recensement des ouvertures et fermetures d’usine a confirmé un ralentissement du dynamisme industriel début 2025, qui devrait s’accentuer dans les mois à venir.