Les TPE et PME françaises délieront davantage les cordons de leurs bourses en 2011. Selon le baromètre annuel réalisé par TNS Direct pour Companeo et le Salon des micro-entreprises, le solde moyen de leurs intentions d'achat (différence entre le pourcentage de dirigeants déclarant une hausse de leur volonté d'achat et celui de ceux annonçant une baisse) remonte significativement. Il atteint pour 2011 une moyenne de-2%, son niveau d'avant crise, contre - 14% en 2010 et - 30% en 2009. Les intentions sont même beaucoup plus volontaires pour les entreprises de trois à 19 salariés (11%) et celles de 20 à 49 employés (15%).
L'industrie rebondit
«Certains secteurs se redressent, note Alain Bosetti, président du Salon des micro-entreprises, et cela se ressent de façon significative sur leurs investissements. Les PME industrielles passent ainsi d'un - 22% à + 2% d'intentions d'achat entre 2010 et2011». Reste à savoir quels prestataires pourront profiter de cette embellie: un élément que le baromètre ne dit malheureusement pas, l'éclairage donné en la matière ne portant que sur les achats réalisés au cours de l'année révolue. En 2010, les TPE et PME avaient ainsi choisi de privilégier les dépenses en informatique et en télécoms. «C'est effectivement la ligne d'investissement qui est revenue dans un solde positif le plus rapidement. Il est vrai qu'avec la crise, les chefs d'entreprises avaient différé l'achat de nouveau matériel en2008 et2009, tirant un peu plus longuement sur la durée de vie de leurs ordinateurs ou de leurs centraux téléphoniques. Il y a eu un effet de rattrapage l'an passé, et il devrait se poursuivre en 2011», projette Alain Bosetti. Que les commerciaux de fournisseurs ne se réjouissent pas trop vite cependant. Si les intentions d'achats progressent, les entreprises devraient encore négocier ferme sur les tarifs. «67% des entreprises consultées dans le cadre du baromètre nous ont indiqué qu'elles allaient maintenir, voire baisser leurs prix de vente. Elles ne veulent pas passer à côté de la reprise et perdre ainsi des marchés. Cela s'ajoute à la pression déjà entretenue par les donneurs d'ordres», explique Alain Bosetti. La reprise des achats ne rimera donc surtout pas avec la folie des grandeurs.
Les patrons de TPE et PME ouvriront davantage le portefeuille cette année. Leurs intentions d'achat retrouvent le niveau d'avant-crise.