La France serait-elle un Eldorado en ce qui concerne le financement de l'innovation? C'est en tout cas ce que soutien Nicolas Bonnet, président du cabinet de conseil parisien HLP Développement, spécialisé dans le financement public. Il est vrai que les PME françaises bénéficient de larges possibilités pour financer R & D et lancement de produits innovants. Les entrepreneurs peuvent en fait compter sur trois grandes familles de mécanismes. La première regroupe des dispositifs fiscaux et sociaux, avec le crédit d'impôt recherche et le statut de jeune entreprise innovante (JEI) pour fers de lance. Seconde grande famille de financement de l'innovation: les aides publiques ou para-publiques. S'y côtoient aussi bien des aides européennes (programme-cadre de recherche et de développement, programme innovation et compétitivité, etc.), que des dispositifs mis en place par l'État (Agence nationale de la recherche, Fonds unique interministériel, subventions et avances remboursables d'Oséo, etc.), les collectivités locales (conseils régionaux, technopoles) ou les grandes entreprises (Total Développement Régional, etc.). Des milliers d'entreprises profitent aujourd'hui de ces dispositifs publics. Plus de 2.000 entreprises affichent ainsi le statut de JEI, 13.000 profitent du crédit d'impôt recherche, tandis que 3.800 ont obtenu en 2009 une aide à l'innovation de la part d'Oséo. Enfin, dernier levier à disposition des chefs d'entreprise, la levée de fonds auprès de sociétés de capital-investissement ou de business angels. Et quid des banques classiques? «Les banquiers financent plutôt du corporel, pas vraiment de la R & D.Mais, je constate que cela commence un petit peu à changer. Certaines banques ont aujourd'hui des chargés d'affaires spécialisés dans l'innovation», explique Yoann Jutel, expert-comptable au sein du cabinet In Extenso.
Pour quel financement opter?
Reste à l'entrepreneur à bien faire la part des choses. Car, il lui faut choisir et utiliser ces dispositifs. «Trop de chefs d'entreprise ont l'impression qu'ils auront droit à une palette d'aides publiques dès lors qu'ils développent un produit innovant. C'est faux. Le crédit impôt recherche et le statut de jeune entreprise innovante demandent par exemple véritablement de la recherche. La définition de l'innovation retenue pour les aides délivrées par Oséo est en revanche plus large», explique ainsi Hugues de Neuville, associé du cabinet d'expertise-comptable HLP Audit. Dans tous les cas, il faut répondre à des critères plus ou moins précis. C'est particulièrement vrai pour le statut de jeune entreprise innovante, le crédit d'impôt recherche ou les aides européennes. Après, sous peine de se priver d'aides financières ou, au contraire, de risquer un redressement fiscal, il faut être en mesure de bien maîtriser des dispositifs qui ne sont pas toujours très simples à appréhender. D'où l'intérêt de s'entourer de spécialistes ou, au moins de ne pas traiter ce sujet avec trop de légèreté.
Vous voulez financer un projet innovant? Le moins que l'on puisse dire, c'est que de multiples possibilités s'ouvrent à vous. Entre les dispositifs fiscaux, comme le crédit d'impôt recherche ou le statut de Jeune entreprise innovante, et les aides publiques distillées aussi bien par l'Europe, l'État que les collectivités locales, vous n'avez que l'embarras du choix. Il vous reste à savoir vers quels dispositifs vous diriger et à bien maîtriser des mécanismes pas toujours très simples à appréhender.
Dossier réalisé par Stéphane Vandangeon