Industrie : Le ralentissement se confirme
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Industrie : Le ralentissement se confirme

L'enquête annuelle régionale de la Banque de France le confirme. Les industriels doivent s'attendre à une poursuite du ralentissement de l'activité cette année.

Si 2011 avait été l'année du rebond pour l'industrie régionale, 2012 a été celle du ralentissement. Une année marquée par une très faible croissance, 2 %, du chiffre d'affaires industriel régional, selon l'enquête annuelle effectuée par la Banque de France auprès de 2.000 entreprises ligériennes. Pas de quoi s'enthousiasmer, d'autant que la Banque de France table sur 1 % de croissance pour l'activité industrielle en 2013. Des chiffres qui ne surprendront pas des chefs d'entreprise en mal de visibilité depuis plusieurs années. Parmi les secteurs les plus chahutés par la crise en 2012 figurent la navale, en particulier la plaisance, l'automobile et le BTP. « Dans la région, les chefs d'entreprise ont pris l'habitude de naviguer dans le gros temps. Ils gèrent au plus juste et essaient surtout de gagner en productivité car l'outil de production est souvent surdimensionné par rapport à la demande », explique Catherine Boucher, directrice régionale de la Banque de France. Et, contrairement aux deux années précédentes, l'exportation ne devrait pas constituer en 2013 une bouffée d'oxygène pour les industriels ligériens.




Préserver les compétences

« La demande est insuffisante pour mobiliser toutes les capacités de production. A cela s'ajoutent des marges de plus en plus réduites », résume Régis Depienne, directeur des affaires régionales à la Banque de France. Dans ce contexte, aucun secteur d'activité, hormis celui de l'aéronautique, ne prévoit d'augmenter ses effectifs en 2013. Mais, paradoxe de la situation, l'heure est aussi à préserver les compétences industrielles dans la région. « Dans la navale l'année 2013 sera difficile mais on attend un rebond en 2014. Les cycles hauts de la navale et de l'aéronautique vont donc se rejoindre l'année prochaine et on risque alors de manquer de main d'oeuvre dans ces deux secteurs », observe Régis Depienne.




Taux d'intérêt attractifs

Rare motif de satisfaction de l'enquête de la Banque de France, les investissements industriels devraient progresser cette année de 8 %, après avoir plongé de 11 % en 2012. Autre signe positif, les taux d'intérêt historiquement bas pour les entreprises. « Cela devrait inciter les entreprises à investir ou à financer des opérations de croissance externe car c'est dans ces périodes compliquées que l'on voit souvent se constituer de nouveaux gros acteurs », mentionne Catherine Boucher. Autre note d'optimisme, dans la région 17 % des dirigeants prévoient une amélioration de la rentabilité de leurs entreprises. « On est peut-être ici dans la méthode Coué car les coûts des matières premières et de l'énergie se renchérissent. Sans parler de la fiscalité », tempère Catherine Boucher.

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