Réunis à Lille, les acteurs de la filière graphique ont fait le point sur la place de la communication imprimée dans la communication globale. Ils ont aussi mis en perspective les évolutions de leurs métiers. Si la crise a entraîné une chute du volume de papier imprimé de 15 à 18% depuis début 2009, «la chaîne graphique devrait bénéficier, estime le président de l'Unic, Jacques Chirat, des signes de reprise apparus en début d'année». Son vice-président et président régional, Philippe Hourdain, souligne pour sa part que, malgré les 10% d'emplois perdus dans la région, le paysage a été plutôt modifié par des rachats et des fusions que par des dépôts de bilan: «Nous sommes passés de l'industrie pure au tertiaire supérieur, ceux qui ont résisté se sont adaptés.»
Groupes de communication
Au prix de très lourds investissements technologiques et de formations pointues, et avec un regard nouveau. «Les imprimeurs doivent devenir aussi des groupes de communication et des développeurs de solutions.» Devenu «complémentaire du multimédia», le papier y trouve son compte. Philippe Hourdain cite les livres-photos générés par le web qui représentent «un CA considérable». Il voit l'avenir dans des imprimés de grande qualité et mieux ciblés, donc moins coûteux à fabriquer. Tout en menant un combat visant à restaurer l'image écornée de l'industrie papetière, l'Unic avance dans ses négociations avec son homologue, le groupement des métiers de l'imprimerie, pour aboutir à une organisation nationale unique. L'heure est moins que jamais à la dispersion.
Jean-Michel Caillat
Troisième pôle graphique national, le Nord - Pas-de-Calais a accueilli les acteurs de la filière des industries graphiques cet été en symposium.