«Les Régions Aquitaine et Midi-Pyrénées viennent de nous donner leur accord de financement, respectivement 626 et 351K€. Elles viennent compléter la dotation de l'État d'1,8 M€ dont le paiement était subordonné à l'attribution des aides régionales. Même si nous sommes en attente de la contribution de 200K€ du Grand Toulouse ainsi que, dans le volet exploitation, d'un financement de 616K€ de l'État - ce qui est une formalité maintenant - nous allons pouvoir lancer les opérations», se réjouit Marc Pollina, président de Guide. L'association regroupe dix entreprises du Sud-Ouest dont Thales Alenia Space, Astrium, plusieurs PME innovantes, deux écoles (Enac, Isae) et est partenaire du pôle Aerospace Valley.
Un observatoire du secteur mis en place
Marc Pollina entend lancer, dès le début 2012, une panoplie de services de R&D à destination des acteurs de la géolocalisation. Plus concrètement, un observatoire du secteur va être mis en place, tandis qu'un laboratoire d'analyse et de test des solutions, du serveur jusqu'aux terminaux, sera déployé. Et ce, en conditions réalistes, grâce à plusieurs zones d'expérimentations : Toulouse Open (applications urbaines), AeroDax (applications héliportées), Bayonne (applications maritimes et fluviales), Nogaro (applications routières et positionnement de haute précision). Deux autres marchés ont été identifiés. Les institutions sont en effet très actives dans le développement de services publics exploitant le signal GPS. Exemple : la Ville de Toulouse réfléchit à l'amélioration des transports publics grâce au repérage en temps réel de ses bus. Les grands opérateurs de télécoms sont également dans la boucle. «Au-delà, nous entendons proposer notre collaboration à tout centre de R&D qui utilise des technologies de géolocalisation. Nous avons par exemple entamé des discussions avec le pôle de compétitivité Véhicule du futur», explique Marc Pollina.
Lenteurs institutionnelles
Le budget, en terme d'investissement, approche les 9 M€, dont 2,8 M€ acquis auprès des acteurs publics. Le reste (4,7M€ par les entreprises et 1M€ par le Cnes) sera apporté «en nature». Sur la partie exploitation, l'État devrait finalement abonder de 616K€ (sur 1,3M€ demandés), à condition que l'association dépense, sur une période de trois ans, une somme équivalente. «Dès la notification, attendue sous peu, nous recevrons une avance de 180K€, ce qui nous permettra notamment d'embaucher le directeur», précise Marc Pollina. Depuis la sélection du projet par l'État, il s'est donc écoulé un an pour boucler le dossier financier. Des lenteurs institutionnelles qui s'ajoutent à plusieurs années d'atermoiements politico-industriels. Il faut en effet se souvenir qu'au mois de janvier 2007, un consortium composé d'une grande partie des membres de Guide et de laboratoires (Cnes, Laas, etc.) annonçait à grands renforts de communication le lancement de la «Navigation Valley», similaire au projet actuel. Les réunions de travail avaient alors fait apparaître des dissensions, les collectivités locales craignant d'avoir à financer la totalité d'un budget chiffré à près de 20 M€ alors que les grands groupes refusaient finalement de participer. C'est l'intervention de l'État qui avait relancé le processus, au travers du premier appel à projets de plate-forme d'innovation lancé au mois d'octobre 2008. Ces retards à l'allumage seront-ils préjudiciables dans la compétition technologique européenne, alors que l'Allemagne, l'Angleterre ou l'Italie disposent de plates-formes similaires depuis près de cinq ans? L'avenir le dira.
GUIDE
Contact : Marc Pollina 06 11 43 55 92