Green business : Se repérer dans la jungle des labels verts

Green business : Se repérer dans la jungle des labels verts

Surfant sur la vague de la consommation durable, les labels écologiques font feu de tout bois. En se révélant parfois opaques et peu lisibles pour le consommateur. Dans un tel contexte, quels sont les labels fiables et comment les obtenir ? Dossier réalisé par Sébastien Payonne

Eco-label Européen, Point Vert, Ecocert, PEFC, NF Environnement, Ange Bleu, Energy Star, Nature et Progrès, 1% Pour la Planète... N'en jetez plus, la coupe est pleine! Avec la déferlante du développement durable dans nos modes de consommation, c'est une véritable forêt de labels visant à apprécier la qualité environnementale de tous types de produits et de services qui est apparue au cours des dernières années. Dans une étude, le fonds mondial pour la Nature (WWF), ONG elle-même à l'origine d'un label, cale sur le sujet. Mais elle estime à plusieurs centaines le nombre de labels «vert» utilisés dans le monde entier. Et les critères que chacun valide sont innombrables: réduction des déchets, de la consommation électrique nécessaire à la production, versement d'éco-taxes pour favoriser le recyclage, respect des ressources forestières, absence de tests sur les animaux,etc. Ce n'est plus une forêt, c'est une jungle! Les raisons de cette floraison sont doubles. D'un côté, on trouve la volonté de nombre d'entreprises d'améliorer l'impact écologique de leur activité, avivée par la montée des concepts de responsabilité sociale de l'entreprise auprès des managers. Mais de l'autre, les motivations sont parfois moins vertueuses, tant les caractéristiques «vertes» d'un produit peuvent désormais contribuer à son succès commercial. Une étude TNS/Sofres indique, par exemple, qu'ils sont le second critère examiné par un consommateur, juste après le prix, mais bien devant le design, la marque ou les fonctionnalités lorsde l'achat d'un appareil électroménager! Cerise sur le gâteau, certains labels orchestrent même des opérations commerciales de grande envergure (la «semaine du commerce équitable» du label Max Havelaar par exemple), qui dopent les ventes.




Des labels autoproclamés

De quoi nourrir cet appétit des marques, d'autant plus que rien n'empêche une filière ou des groupements d'industriels de se doter de labels autoproclamés, sans passer obligatoirement par le filtre d'organismes de certification. «Le terme de label est souvent utilisé de façon non-officielle, d'autant plus qu'il n'est défini juridiquement que pour nombre très réduit de labels liés à la consommation. Dans le cas des labels écologiques, le seul frein est souvent le code de la consommation: il ne faut pas tromper le consommateur», insiste indique le juriste Sylvain Czaryski, auteur du «guide des produits responsables labellisés».




Flou chez les consommateurs

Et, justement, le consommateur dans tout cela? il est un peu perdu. L'enquête «Green Label Equity» de l'Ifop indiquait ainsi que la moitié des Français avaient des difficultés à distinguer un label officiel d'un label autoproclamé. De quoi inciter les entreprises à choisir soigneusement les labels qu'elles souhaitent briguer afin de ne retenir que ceux dont la crédibilité est la plus forte auprès de ses clients finaux. Mais comment faire? «Privilégiez les labels les plus transparents pour les consommateurs. C'est-à-dire ceux qui sont certifiés par des organismes indépendants et dont le cahier des charges est élaboré à la fois par les industriels et les pouvoirs publics, mais aussi par les associations de consommateurs et de défense de l'environnement. Tout cela asseoit la légitimité», conseille Sylvain Czaryski. Alors, quels labels présentent aujourd'hui les meilleures garanties qui vous permettront d'être crédible ? Le Journal des Entreprises dresse une sélection des principales estampilles vertes.