Plus petit des quatre acteurs français du secteur, les Fonderies Dechaumont sont positionnées depuis cinq générations sur la conception, la fabrication et la distribution de pièces pour l'assainissement et l'adduction d'eau et de mobilier urbain. Si la concurrence asiatique est bien réelle - 45% des plaques d'égout livrées en Europe proviennent de Chine -, Jean-Baptiste Dechaumont, directeur général de l'entreprise familiale, croit au savoir-faire français et en particulier à celui de son entreprise, tant sur le marché national qu'international. Et ce, notamment parce qu'«en France, les normes de qualité demandées sont très élevées.»
Se différencier par le produit
Plaques d'égout, grille avaloir, bornes d'anti-stationnement, pieds de bancs, grilles d'arbres... L'entreprise muretaine propose dans son catalogue près de 1.500 références différentes. «Les produits standard représentent 25% de notre chiffre d'affaires. Nous lançons une cinquantaine de produits par an. Ce qui évolue, ce sont essentiellement la dimension et la forme. Actuellement nous développons beaucoup de solutions avec des vérins, ce qui permet de soulever une plaque d'égout avec moins de 20kg d'effort» explique-t-il. Depuis la création d'un bureau d'études en 1995, l'entreprise dessine pour ses clients les pièces qu'elle va ensuite fabriquer. «Notre valeur ajoutée réside dans notre capacité à développer de petites séries et des pièces compliquées», note Jean-Baptiste Dechaumont. Dernière prouesse en date: une trappe de grande dimension pour la ville de Paris, capable de supporter le passage du char Leclerc mais surtout calibrée pour laisser passer un bateau-vanne dans les égouts. «Alors qu'auparavant, quatre personnes étaient en charge des pièces spécifiques, elles sont aujourd'hui douze», précise-t-il. Une activité que l'entreprise souhaite développer tant en France qu'à l'étranger.
Un outil de production performant
Chaque année, Les Fonderies Dechaumont investissent 1,2M€ pour la rénovation de leur outil de production ou l'aménagement des postes de travail. «En 2009, nous avons investi 1,4M€, soit 12% de notre chiffre d'affaires dans l'achat de deux fours électriques de six tonnes. La Région nous a aidés à hauteur de 95.000€ par le biais d'un contrat d'appui», raconte-t-il. Cette année, l'entreprise a acquis une machine à commande numérique pour la fabrication d'outillages. Aujourd'hui, elle fabrique 1.000 produits par jour et 7.000 tonnes par an. «Nous visons 11.000 tonnes en 2014. Nous aurons ainsi besoin de recruter une dizaine de personnes», prévoit-il. Actuellement 60% de la production est dédiée au stock, ce qui permet à la fonderie de livrer en quatre heures si nécessaire, et le reste concerne les commandes urgentes.
Une carte à jouer à l'export
En France, la société compte 1.000 clients (mairies, aéroports, gares, etc). Si depuis de nombreuses années, elle remporte des contrats à l'étranger (au Maroc dernièrement), elle ne s'est dotée d'une cellule dédiée que depuis cette année. «Nous sommes allés à des salons intéressants à Munich et Saragosse par exemple. Dès cette année, nous allons y réaliser des chantiers mais ce n'est pas encore du récurrent. Nous cherchons actuellement des distributeurs en Espagne, en Belgique et en Allemagne», explique le directeur général. Bernard Dechaumont prospecte également hors de l'Europe: en Israël ou en Ouzbékistan notamment. «Ce que nous mettons en avant, c'est toujours la technique », insiste-t-il.
Les Fonderies Dechaumont, implantées à Muret depuis 150ans, conçoivent, fabriquent et distribuent des pièces de voirie en fonte. Malgré une « rentrée mouvementée », elles résistent notamment grâce à leur capacité à produire des pièces spécifiques et de petites séries.
Marie Lepesant