«Nous démarrons un nouveau cycle de développement du club», avance Marc Chérèque, le président du FCG rugby, qui, au terme de sept années d'acharnement réintègre l'élite rugbystique. Cette promotion s'accompagne d'une augmentation de son budget significative et coïncide avec le désengagement du capital de ses deux principaux actionnaires, Serge Kampf, fondateur de Capgemini et Luc-François Salvador, P-dg de sa filiale Sogeti, afin d'éviter un conflit d'intérêt entre actionnariat privé et sponsoring. Fortement restructuré au profit des autres actionnaires du club, le capital social de la SASP s'établit désormais à 819.000€, soit une augmentation de 20%. La société compte désormais 96actionnaires, dont huit de premier rang, et reste fidèle à ses principes: ne pas tomber sous le diktat d'actionnaires, viser la stabilité en se donnant les capacités de se développer.
Des partenariats forts
Côté budget, le club aborde sa nouvelle saison avec 15M€ contre 9M€ l'an passé en ProD2, ce qui le place dans la moyenne des formations du Top14. Cependant, le FCG s'appuie très fortement sur ses partenariats entreprises, qui lui assurent 70% de son budget, soit 30% au-dessus de la moyenne des autres clubs. La prioritéest donc au développement de l'offre grand public (recette de la billetterie et produits dérivés) pour que cet apport couvre 12à 13% du budget. D'autant que le club doit vraiment résoudre ses problèmes de rentabilité. «C'est un choix de départ, avance Marc Chérèque. Nous n'aurions pu développer le club sans les partenariats entreprises.» Il est vrai que lorsque la bonne fée se nomme Sogeti et que la SSII grenobloise demeure le partenaire principal du FCG en dépit du retrait de ses dirigeants du capital, c'est un certain modèle économique qui prévaut. Cette année, ce sponsoring dépasse 1M€, en croissance significative. «Nous avons renouvelé notre partenariat pour trois ans dans le cadre de la montée du FCG en Top14, avance Gérard Mézin, directeur adjoint de Sogeti. Ce n'est pas une histoire de chiffres, mais une histoire d'hommes. Dans notre activité, comme au rugby, ce qui en fait la richesse, ce sont les hommes.» Sogeti surfe bien entendu sur la montée en Top 14 de son club préféré. «Cela nous donne plus de notoriété et Grenoble jouera treize matches dans les villes où Sogeti est présent. C'est une opportunité pour inviter des clients et des collaborateurs.» Gérard Mézin l'assure: les valeurs du rugby irradient dans tout le groupe.
Racines locales
Autre bonne nouvelle: l'arrivée de Soitec en tant que partenaire principal aux côtés de Schneider electric. Une belle prise car le fabricant de silicium sur isolant n'est présent auprès du FCG que depuis deux ans, prouvant la capacité du club à s'entourer de grandes entreprises locales. «Elles sont représentatives de l'image high-tech de Grenoble. Elles ont une forte implantation mondiale et un attachement à leurs racines locales», décrit Marc Chérèque. Le FCG compte aujourd'hui 350partenaires et affiche un solde positif d'une soixantaine d'entreprises. La crise économique et l'augmentation des tarifs jouant, certaines ont décroché tandis que d'autres ont été séduites par la montée en Top14.
Le Cercle 1892
Ce que le FCG rugby possède également en plus, c'est son association de partenaires, récemment baptisée Cercle 1892. Présidée par Jean-Pierre Sérigny, P-dg de Cotherm, elle était composée à l'origine d'une poignée d'amoureux du rugby qui s'est mobilisée pour restructurer le club. Aujourd'hui son rôle a changé, mais elle reste une vigie au regard du fonctionnement du club. Le Cercle compte 120 adhérents. Droit d'entrée: 600 € et le strict respect de la charte d'engagement. Il s'y cultive un événementiel plus soutenu que celui du simple partenariat, qui favorise des échanges plus forts entre adhérents. «Une des forces du Cercle est ce mélange entre des entreprises de taille très différentes et des dirigeants qui se retrouvent au même niveau», explique Jean-Pierre Sérigny. Reste un dernier élément qui est loin de faire l'unanimité entre les aficionados du rugby: Lesdiguières ou Stade des Alpes? Pour Marc Chérèque, imprégné du modèle toulousain, «le stade est un élément essentiel du développement du club, un outil de production qu'il doit maîtriser». Et qui ne peut être autre que Lesdiguières et sa convivialité. Pour offrir des prestations à la hauteur de la première division, le stade a bénéficié cet été de travaux pour la construction de loges, la rénovation des locaux administratifs récupérés au Comité des Alpes, l'installation d'un plateau télé, l'agrandissement de 700m² du Village des partenaires et le déménagement de la boutique. Le montant des travaux s'élève à 800.000€ financés conjointement par la ville de Grenoble, partenaire de premier rang, peu encline cependant à céder le stade au FCG, et qui aurait préféré le voir jouer plus souvent au Stade des Alpes. «Je regrette que pour ses dirigeants, le Stade des Alpes ne soit pas adapté au FCG», lance Alain Pilaud, adjoint au maire.
Le FCG rugby jouera cette année en Top14, ce qui est l'aboutissement d'une remontée patiemment orchestrée. Le club affiche un budget de 15M€, largement bâti sur ses partenariats avec le monde économique ; un modèle forcément appelé à évoluer.