Ludovic Aernouts, Directeur associé de PiliPiliGram, studio de rich media, basé à la ruche technologique d'Hellemmes OUI.Il y a d'abord une raison simple: le manque d'information vis-à-vis de ces fonds. Comment leur faire confiance si on ne les connaît pas? Je suis régulièrement démarché par des Américains. Dans mon entourage, beaucoup ignorent leur existence même, y compris moi qui suis pourtant accompagné par de nombreux réseaux. Le premier frein est cette méconnaissance. Il y a des fonds qui veulent tout contrôler, tout savoir et qui demandent des taux de rentabilité de 15points. Quand on crée sa boîte, c'est surtout pour la semi-liberté. L'essence même du créateur est d'être indépendant. Nous devons rendre des comptes à nos clients et nos collaborateurs. Quand on se retrouve avec un investisseur qui veut tout régenter, ce n'est plus vraiment notre entreprise. Stratégiquement, on doit rester maître de son destin. Avec mes deux associés, nous avons créé trois jours avant la crise. Si tout avait été écrit de façon trop rigoriste, je ne sais pas où on en serait. Tout le monde fait attention aux conditions d'entrée. Il faut aussi bien étudier la sortie. On peut perdre sa boîte là-dessus. Antonio Molina P-dg de Mäder à Lille (peintures et composites) a ouvert son capital à 25M€ dont 11M€ du FSI NON. Il ne faut pas craindre les fonds, mais évidemment bien travailler l'ingénierie du système. Il faut bien les choisir, étudier les conditions et modes d'investissement, avoir un acte de gouvernance clair... Ce n'est pas parce que vous détenez 100% de votre entreprise que vous pouvez tout faire. J'ai fait entrer des fonds pour développer la société reprise en 1993 en LBO, tout en restant majoritaire (58%). Aujourd'hui, 20% du CA du groupe est réalisé en France et 10% consacrés à la R & D.Sans ces fonds, nous n'aurions jamais pu le faire. Nous sommes passés d'une PME régionale de 10M€ de chiffre d'affaires fin 1996 à un groupe mondial de 200M€ en 2011. Nous devons encore doubler d'ici à 2015, année où j'envisage une entrée en bourse pour pouvoir augmenter le capital sans avoir des mouvements et avec une grande liberté. Grâce aux fonds, la crise s'est aussi passée moins douloureusement. Nous en avons donc une expérience extrêmement positive. La politique du FSI nous a convaincus. Ils sont entrés chez nous pour un appui stable long termiste, pour garder la technologie en France avec un actionnariat familial et internationaliser l'entreprise. C'était la meilleure solution, avec toutes les garanties nécessaires.POUR/CONTRE
Faut-il craindre d'ouvrir son capital à des fonds d'investissement?
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