«La demande du marché a évolué», reconnaît Christelle Marecaille d'Eurolarge. «Les consommateurs attendent plus d'offres alternatives, de bateaux plus économiques». Partie de ce constat, la technopole Eurolarge s'est associée à la CCI pour faire témoigner, tout au long d'une journée, des spécialistes des énergies nouvelles et des solutions innovantes pouvant être appliquées au nautisme.
Travailler sur des énergies alternatives
«Les professionnels ont pris conscience que le pétrole était amené à disparaître», complète Yann Dollo, conseiller nautisme à la CCI. Et ce n'est pas que pour une question de protection de l'environnement - 1% seulement de la pollution marine est due au pétrole - que les industriels planchent sur de nouveaux moteurs à propulsion, hybrides ou électriques, sur des batteries plus autonomes, des piles à hydrogène, des ailes de traction... La problématique de motorisation électrique a même été développée par une spécialiste de l'aéronautique, Anne Lavrand, d'Electravia. «La technologie existe, il suffit de la transférer d'une filière à l'autre», assure Christelle Marecaille. Dans le domaine de la plaisance, de la pêche ou au sein de toute la filière de l'industrie nautique, la préoccupation de l'économie d'énergie et de la protection de l'environnement est commune.
Un catamaran de pêche
Franck-Yves Escoffier, navigateur et armateur dans les Côtes d'Armor, a appliqué sa passion pour la course au large à son métier de pêcheur. Son premier bateau de pêche, fin des années 70, était équipé d'une voile de 30m². «Avec une allure débridée pour rentrer au port, on peut soulager le moteur», explique-t-il. «Ce n'est pas plus rapide, mais on économise le moteur et le gasoil.» Pour continuer dans sa démarche, en 1986, il construit son premier catamaran de pêche, en aluminium, et équipé de deux moteurs de 75 chevaux. Un concept révolutionnaire pour l'époque. Pouvant supporter jusqu'à trois ou quatre tonnes de matériel, poissons et crustacés, ce cata lui faisait consommer seulement 5,5 litres ou 6 litres de gasoil pour 80heures de travail. 20 ans plus tard, Franck-Yves Escoffier s'est associé avec les architectes vannetais Van Peteghem et Lauriot Prévost pour construire deux nouveaux bateaux, encore plus performants. «La coque est cette fois-ci plus porteuse, on peut y stocker 400 à 500 casiers de bulots», assure le skipper, qui a déjà remporté la Route du Rhum et la transat Jacques Vabres. «Ce cata a des atouts, mais pas pour tous les métiers de la pêche. Pour la pêche côtière il est idéal, plus sécurisant avec ses compartiments étanches, sa surface de pont. Son défaut, malgré tout, même s'il risque moins de chavirer, c'est qu'il est plus raide à naviguer qu'un monocoque
Sous l'impulsion d'Eurolarge et de la CCI du Morbihan, les professionnels de la mer ont reçu des enseignements pratiques sur la manière dont leurs filières doivent s'investir dans le développement durable.