Eco-mobilité : des entreprises toulousaines se fédèrent
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Eco-mobilité : des entreprises toulousaines se fédèrent

Sept groupes d'entreprises ont initié un plan de déplacement commun pour leurs salariés. Objectif : développer le co-voiturage, l'autopartage et le vélo.

«Mettre en place un plan de déplacement inter-entreprises (PDIE) sur l'Héliopole de Gramont est devenu un enjeu tant pour réduire les émissions de CO² que le temps passé dans les transports. Depuis que notre site s'est développé, ce sont près de 2.000 salariés qui prennent la voiture. Ce qui génère des embouteillages énormes, inconnus il y a encore quelques années», explique Philippe Graillon, responsable Développement durable de la Banque Populaire Occitane. Ce projet de PDIE associe la Banque Populaire, Axa, Natixis, EGIS, ainsi que Pôle Emploi et la société RSI. Première étape franchie: une enquête préliminaire a été menée auprès de 1.500 salariés pour identifier leurs habitudes de déplacements et leurs attentes quant aux nouveaux moyens de déplacements collectifs et «doux». Comme dans toutes les démarches de Plan de Déplacements d'Entreprises, plusieurs solutions sont envisagées. Le co-voiturage, mais aussi l'autopartage, c'est-à-dire la mise à disposition de véhicules de fonction sur le parking de l'entreprise, se développent, de même que l'utilisation du vélo. «Le fait de se regrouper renforce la dynamique collective, et donc la motivation à ces nouveaux usages. De surcroît, nous devenons un interlocuteur plus légitime vis-à-vis des collectivités territoriales, notamment pour demander des aménagements qu'induiront notre plan d'action. Par exemple: nous avons identifié que 23% des salariés sont prêts à venir en vélo, ce qui nécessiterait de développer des pistes cyclables spécifiques», précise le chef de projet de ce PDIE. Le coût des études amont est également mutualisé et peut être co-financé par l'Ademe.




Projets d'inégales maturités

À l'échelle de l'agglomération toulousaine, alors que l'on compte une soixantaine de Plans de Déplacements d'Entreprises, sept projets de PDIE ont été lancés. «Nous les accompagnons tous, mais ils sont diversement avancés», explique Valérie Vincent, conseillère en mobilité entreprises chez Tisséo. «Par exemple, celui de l'Oncopole ou de Toulouse Ouest Partenaires (entreprises situées sur la zone de Basso Cambo, NDLR] sont quelque peu à l'arrêt. Par contre, le projet de Blagnac, qui vise à l'élargissement du PDE porté par l'aéroport, celui du Club des Entreprises du Muretain, de l'Héliopole de Balma-Gramont et du Parc d'Activités de Baluffet sont bien avancés. Quant à celui de la Cité Administrative, les premières évaluations du plan d'action sont déjà menées». Outre sa position de conseil, la société des transports toulousains propose des services, tel que notamment un portail de co-voiturage.




Un foisonnement d'initiatives

Il faut aussi compter avec d'autres dynamiques collectives, impulsées spontanément: ainsi, le Réseau d'entreprises Ever, actif sur le développement durable, va lancer une commission «éco-mobilité». Quant à Patrick Deyris, directeur du Novotel Compans-Caffarelli, il a rassemblé plusieurs cadres ainsi que des représentants de Tisséo ou de Mobilib. Objectif: sensibiliser les entreprises à l'éco-citoyenneté et notamment la «mobilité douce», un site web, «Défis durables», étant dédié à ces questions. Les «bus cyclistes» sont une autre de ces initiatives toulousaines, portée par Hervé Bellut: il s'agit de regrouper des personnes à vélo sur des itinéraires communs et réguliers, qu'ils soient professionnels ou personnels. Cette émergence de projets collectifs inter-entreprises est à replacer dans le contexte de concertation publique du PDU. Certains observateurs estiment que les entreprises ne sont pas suffisamment prises en considération: ce constat pourrait changer avec le développement des PDIE.



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