DV Group se projette dans l’avenir, en toute confiance. Avec une vision très claire du chemin parcouru, et de ce qui reste à accomplir. Son directeur général, Pierre Vandenhove, est entré en 1985 dans l’entreprise fondée vingt ans plus tôt par celui qui allait devenir son beau-père. Jeune ingénieur, il insuffle le mouvement qui fera de la petite entreprise, spécialisée dans la réparation de moteurs industriels, une ETI bientôt sexagénaire et un acteur reconnu de la maintenance, de l’ingénierie et du contrôle industriels. Trois décennies de croissance que le dirigeant retrace ainsi : un développement régional dans les années 90, puis national dans les années 2000, et enfin à l’international entre 2010 et 2020. Elles ont amené le groupe basé à Grigny (Pas-de-Calais), à comptabiliser en 2025, 21 implantations en France et en Europe et 350 salariés, pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros.
Doubler encore le chiffre d’affaires
"En 2015, nous avons lancé le plan d’accélération Mach II, que nous venons de clore. À l’époque, nous faisions 25 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 100 personnes. L’ambition était de doubler le chiffre d’affaires grâce à l’accent mis sur la digitalisation, nous y sommes aujourd’hui. Nous nous sommes donc demandé ce qu’on souhaitait pour la prochaine décennie, qui sera sans doute la dernière à la tête de l’entreprise pour moi, comme pour toute une génération de cadres que j’ai recrutée peu après mon entrée dans le groupe. Nous l’avons fait grandir ensemble. Une nouvelle transformation est nécessaire, et c’est à notre génération de la porter, pour être sûrs que la suite s’écrive bien", pose le dirigeant.
Fraîchement activé, le plan Up2035 prévoit donc d’amener DV Group à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dans 10 ans, avec 500 collaborateurs. Cette nouvelle montée en puissance sera en partie portée par une nouvelle transformation technologique, autour des avancées que représente l’intelligence artificielle dans le secteur industriel, soit l’industrie 4.0.
"Grâce à notre partenariat de longue date avec Siemens, nous sommes bien placés pour observer la stratégie déployée par les très gros acteurs de notre secteur. Et il y a un mouvement très clair vers le logiciel et le soft. Ce sont des outils qui contribuent à transformer l’industrie et nos clients, pour aller vers plus d’agilité, grâce à la collecte et le partage d’informations."
Un coche à ne pas manquer pour DV Group, pour ne pas se laisser distancer. L’entreprise compte intégrer et déployer ces technologies par étapes pour les mettre à la portée de ses clients, des industriels de tous les secteurs, avec surtout des PME et des ETI en cœur de cible.
Une nouvelle BU
"Nos clients sont très curieux de l’intelligence artificielle. Tout le monde en veut, mais personne ne sait trop où et comment la mettre en œuvre dans les entreprises industrielles. D’autant plus que les technologies évoluent très vite. C’est notre rôle de les accompagner et de leur proposer des solutions sélectionnées et fiables, d’une part pour optimiser la production, et de l’autre, collecter et traiter les données de l’entreprise et de ses clients pour les valoriser, pointe Pierre Vandenhove. C’est un maillon supplémentaire dans notre chaîne de valeur, en parfaite cohérence avec nos métiers historiques."
DV Group s’est donc dotée d’une quatrième Business Unit, dédiée au digital, pour chapeauter cette transformation, en interne et chez ses clients. Portée depuis deux ans par l’un des fils de Pierre Vandenhove, cette nouvelle activité connaît en ce début 2025 une brusque accélération à la faveur de deux opérations de croissance externe. DV Group a ainsi racheté Fealinx, une PME basée près de Lyon (50 salariés, 9 M€ de CA), qui développe des logiciels d’aide à la décision. Et DI-Analyse Signal, une start-up basée à Roanne, dont les logiciels permettent de connecter les ateliers pour mieux connecter les données liées à la production et la maintenance.
"Aujourd’hui les critères de décision dans l’industrie sont plus nombreux. On lance une production en fonction de son carnet de commandes, de l’état de ses machines et de son stock, des équipes dont on dispose, des prix de l’énergie aussi… C’est un environnement multicritère, et tout le monde dans l’entreprise n’a pas l’œil sur les mêmes données. C’est donc difficile de jauger de la pertinence ou de l’urgence d’une décision. C’est là que l’IA peut être précieuse, puisqu’elle peut se saisir de l’ensemble des paramètres pour aider à la décision", estime Pierre Vandenhove.
La BU digitale représente un million d’euros de chiffre d’affaires en 2024, et 2025 s’annonce prometteuse, avec des carnets de commandes qui se remplissent. D’ici 2035, cette branche pourrait représenter environ 20 % du chiffre d’affaires total de l’entreprise, dont toutes les branches évoluent en parallèle. "On continue de moderniser les machines chez nos clients en parallèle, nous avons déjà des projets transversaux qui mobilisent, en simultané ou tour à tour, tous nos métiers : typiquement, on intervient pour moderniser un équipement, puis sur la maintenance, puis sur le contrôle. L’IA vient ajouter un maillon complémentaire dans une chaîne cohérente."
Continuer à s’internationaliser
Plus globalement, DV Group mise sur l’international pour poursuivre sa progression, qui sera désormais nourrie par la croissance externe. Portée pendant longtemps par une croissance organique, l’ETI mise aujourd’hui sur des rachats pour aller plus vite. Ses positions en Espagne ou en Allemagne pourraient ainsi être rapidement renforcées, lui permettant de mieux suivre ses clients de dimension européenne. Mais pas à n’importe quel prix. "Nous bénéficions d’une bonne image, avec certaines valeurs. Nous avons la chance de ne pas avoir d’actionnaires, le capital est toujours 100 % familial. Nous n’avons donc de comptes à rendre à personne et nous ne souhaitons pas nous montrer opportunistes, en rachetant des entreprises qui seraient en difficulté. Nous visons avant tout des entreprises en bonne santé, ayant besoin d’être accélérées et dont les valeurs et le positionnement répondent aux nôtres", pose le dirigeant. La part du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, de 25 % actuellement, devrait donc augmenter à court terme.