Le statut d'auto-entrepreneur était au coeur des échanges de la réunion du réseau Courants Porteurs fin mars à Lorient. La réunion avait en effet lieu dans les locaux de l'entreprise Synesia, spécialisée dans le portage salarial, pour qui l'émergence de l'auto-entrepreneuriat risque de constituer une nouvelle concurrence. Michelle Hentic du Cabinet Triangles relativisait, estimant que «l'auto-entrepreneuriat s'adresse davantage au business to consumer quand le portage salarial reste b to b.»
Micro-entreprise légalisée
Reste que le statut d'auto-entrepreneur apparaît surtout comme un statut visant à légaliser la micro-entreprise, «un moyen pour l'État de reprendre le contrôle d'un certain nombre de sommes qui transitaient au "black"», ajoutait Amanda Grey, coordinatrice de Courants Porteurs pour le Morbihan. «C'est un peu comme la création d'entreprise avec un capital de 1euro: cela ne va pas faire exploser la création d'entreprises.» Au niveau national, 20.000 entrepreneurs auraient cependant déjà été séduits par le logiciel Ciel "auto-entrepreneur facile" accessible sur le site www.ciel.com. Le statut d'auto-entrepreneur n'est accessible que pour les entreprises ayant un chiffre d'affaires maximum de 32.000€ pour les activités de prestations de service, de 80.000€ pour la vente de marchandises. Mais en l'absence de chiffre d'affaires, aucune couverture sociale ni cotisation pour la retraite n'est effective. La plupart des membres du réseau présents semblaient en tout cas préférer le portage salarial. C'est le cas de Rebecca Hellégouet, qui vole désormais de ses propres ailes et lance sa propre structure après avoir été longtemps en portage: «Dans la situation économique actuelle, ne pas avoir à gérer 60 ou 90 jours de trésorerie en échange de seulement 10% des sommes facturées est plutôt avantageux».
N.M.
Une réunion du réseau Courants Porteurs a comparé les mérites respectifs de l'auto-entrepreneuriat et du portage salarial.