. Pour certaines PME, elle pourrait passer par des alliances sectorielles.L'enquête annuelle que vient de publier la Banque de France confirme ce que tout le monde redoutait: 2009 a été une année d'une terrible violence pour l'industrie des Pays de la Loire. Le chiffre d'affaires s'effondre de 16%. Conséquence, les effectifs affichent un recul de 8% tandis que l'investissement décline de 21%. La métallurgie (- 20% de CA), l'automobile (- 24%), les biens d'équipement (- 25%) la construction navale (- 38%) ou la fabrication de machines (- 44%) vivent des heures noires. L'agroalimentaire (- 8%) et les biens de consommation (- 7,5%) échappent quelque peu à la morosité ambiante. Face à la raréfaction de leurs marchés, «les entreprises ont fait énormément d'effortspour s'adapter», constate Catherine Boucher, directrice régionale de la Banque de France. En particulier, en appuyant des deux pieds pour freinerleur niveau de production. Sur ce plan, elles auraient peut-être même «sur-réagi», analyse t-on à la Banque de France. En revanche, au niveau des effectifs, «beaucoup d'entreprises n'ont pas licencié à la hauteur de ce qui aurait été nécessaire. Elles craignent en effet de perdre définitivement leurs compétences», observe Catherine Boucher.
Léger redressement
La bonne nouvelle, c'est que le début de l'année confirme le léger redressement affiché fin 2009. «Les commandes progressent, même si elles ne sont pas à un niveau normal», indique la directrice régionale de la Banque de France. Globalement, les dirigeants ligériens anticipent une stabilité des chiffres d'affaires (+ 0,5%) et une reprise de l'investissement (+ 6%) en 2010. La situation de l'emploi demeure toutefois incertaine avec un risque de nouvelles ondes de choc sociales au premier semestre. Les perspectives sont également inégales selon les secteurs. Pas d'embellie en vue pour les biens d'équipements ou les travaux publics, tandis que l'horizon de l'aéronautique s'assombrit. En revanche, les biens intermédiaires-notamment le bois, le métal et la chimie-et de consommation «commencent à rebondir». Le tout est de savoir si cette reprise va être durable. Le regain de forme actuel s'explique «par le plan de relance et, surtout, par une logique de reconstitution des stocks», assure Régis Depienne, directeur des affaires régionales de la Banque de France. Deux facteurspas suffisants pour alimenter une vraie croissance. En revanche, la consommation des ménages, qui reste de bon niveau, peut permettre de nourrir un développement plus durable.
Stratégie d'alliance
Dans cette spirale négative, l'heure semble être aux alliances stratégiques entre PME. Un message que le Comité de développement de la métallurgie (CDM) des Pays de la Loire tente de relayer au sein de la filière mécanique-matériaux. «On voit quelques groupements d'entreprises apparaître mais ce n'est pas encore suffisant. Il y a urgence pourtant à aller dans ce sens en nouant des alliances entre deux ou trois entreprises d'un même secteur afin de pouvoir proposer une offre globale et accéder à des marchés relais de croissance», note Christophe Camaret, président du CDM régional.
Alors que s'ouvre à Nantes le salon de l'industrie, le secteur affiche en 2009 un recul historique de son activité tandis que la relance demeure encore incertaine