Signe d'une conjoncture économique incertaine et tendue, l'activité du Tribunal de commerce de Nantes est particulièrement soutenue depuis le début de l'année. Certes, le nombre de procédures collectives (redressements et liquidations) est en retrait par rapport au premier trimestre 2011, mais les procédures de sauvegarde et de conciliation ont elles explosé sur les quatre premiers mois de l'année. «Ces procédures qui permettent un aménagement à l'amiable des créances d'une entreprise commencent à être connues par les dirigeants. C'est une bonne chose, mais il faudrait qu'ils viennent encore plus tôt pour nous solliciter afin de trouver une solution», note Claude Bolloré, président de chambre en charge de la prévention au Tribunal de commerce.
Problèmes de trésorerie
La forte hausse des procédures de conciliation fait craindre des lendemains difficiles avec une possible recrudescence des défaillances au second semestre. «On peut effectivement redouter une période difficile dans les prochains mois», souligne Guy Lezier, président du Tribunal de commerce de Nantes. Principal problème des entreprises en difficulté: le manque de trésorerie. «Les délais de paiement se sont allongés et les banques resserent le crédit pour se conformer aux exigences de Bale 3. À cela s'ajoutent des marges un peu plus réduites et des entreprises déjà fragilisées par la crise de 2009», explique Claude Bolloré.
Bâtiment, restauration et services à la personne
Et ces difficultés touchent désormais non plus quasi exclusivement des TPE mais aussi des PME structurées de 15 à 20 salariés. Parmi les secteurs les plus impactés, on trouve le bâtiment, la restauration mais aussi désormais les services à la personne. «Tout l'enjeu, c'est d'éviter que ces situations ne dégénèrent pour que les entreprises ne soient pas placées en redressement judiciaire», indique Guy Lezier.
Le Tribunal de commerce de Nantes craint une recrudescence des défaillances d'entreprises confrontées aujourd'hui à des problèmes de trésorerie.