Un regard désormais tourné vers l'avenir. Respectivement directeur général et directeur des ressources humaines de Lisi Aérospace à Plérin, connu également sous le nom de Blanc Aéro Technologies, Didier Godin et Jean-François n'ont plus peur de projeter leur entreprise sur le moyen, voire le long terme.
Secouée mais pas coulée
« Depuis deux ans environ, nous ne parlons plus du passé mais enchaînons, avec l'appui de notre maison mère, groupe familial de Belfort, les investissements, pour permettre au site costarmoricain de renouer avec des perspectives de croissance durable et ambitieuse. » L'emblématique entreprise de mécanique de précision, qui fête les 100 ans de sa reconversion vers le secteur de la métallurgie, fait partie des entreprises du département les plus secouées par la crise de 2008. Secouée mais pas coulée contrairement à d'autres. « L'activité a chuté de 50 % en quelques mois. Il a fallu se séparer de près de la moitié des salariés. Un tableau noir se dessinait devant nous. »
Portée par l'aéronautique
Avec le soutien de son actionnaire, conscient du caractère stratégique de l'unité bretonne, Lisi opère une reconversion à 360 degrés en s'engouffrant dans le secteur de l'aéronautique. « En 2007, seulement 4 % des écrous, goujons ou vis que nous produisons étaient destinés à ce secteur. En 2017, cette proportion va atteindre 60 %. C'est à la fois inespéré mais témoigne de l'adaptabilité des collaborateurs de l'entreprise. Sans eux , sans cette volonté partagée avec le management de se remettre en cause, l'aventure aurait sans doute été tout autre. »
Une organisation repensée
Didier Godin et Jean-François Lossois mettent à profit cette période délicate pour repenser les métiers en interne ainsi que les processus de fabrication. « Il fallait former la centaine de collaborateurs restants à cette profonde mutation. Certes, l'exigence du secteur aéronautique était similaire à celle demandée par nos clients de l'automobile de compétition ou de luxe mais il fallait tout reprendre à zéro au niveau des standards, et des certifications. Aujourd'hui, la difficulté n'est pas de trouver des collaborateurs mais de les amener au niveau de qualification nécessaire. Souvent, le marché va plus vite que nous. » Portée par un secteur en plein essor, notamment sur le marché des moteurs d'avion nouvelle génération, Lisi a également poursuivi une politique régulière et massive d'investissement dans les outils de production. « L'enveloppe est en moyenne d'un million d'euros par an à laquelle on peut rajouter une requalification complète d'une partie de nos ateliers, en 2016, pour 1,2 million d'euros. »
Des perspectives durables
Revenue à des niveaux d'activités identiques à l'avant 2008, avec une prévision de chiffre d'affaires de 15 millions d'euros en 2017, Lisi s'appuie désormais sur trois départements autour d'un mix plus équilibré. « L'idée est de rester prudent sur les perspectives de chaque marché pour ne pas subir une crise inattendue. Toutefois, le marché aéronautique nous offre, pour la première fois depuis bien longtemps, la possibilité de nous projeter. Nous disposons aujourd'hui d'une visibilité confortable mais le passé, même si nous en parlons peu, reste toujours dans un coin de notre tête. C'est un bon rappel à l'ordre. »