Christophe Mathevet : Vecteur de valeurs

Christophe Mathevet : Vecteur de valeurs

Animé depuis ses premières années d'études par l'envie de créer, Christophe Mathevet a fondé et dirige deux entreprises de service informatique, Cotranet et Genwyse. Il s'engage également dans la vie associative. Anne-Gaëlle Metzger

«Dès 18 ans, j'ai eu la volonté de créer. J'ai essayé quinze projets avant de trouver le bon!» Sans oser dévoiler ses idées de jeunesse, Christophe Mathevet, P-dg et fondateur de Cotranet et Genwyse, deux sociétés de service informatique basées à Meylan, avoue toutefois que «certains projets étaient avancés, même s'ils n'ont pas abouti. À chaque fois, c'était une nouvelle expérience et le sentiment d'avoir une opportunité». La véritable opportunité n'apparaîtra que quinze ans plus tard. Avant cela, ce Grenoblois de 45ans, né de parents ardéchois, s'est donné toutes les chances pour réussir. Le dernier d'une fratrie de quatre, issu d'une famille modeste - son père était agent technique aux Papeteries de Lancey et sa mère sans profession -, il a commencé ses études par trois mois de Deug A. «Mais je me suis aperçu que je n'aimais pas les maths et la physique...» Il a donc opté pour des études de commerce, orientées vers la gestion de l'entreprise. Tout en effectuant des petits boulots. «J'ai donné des cours de marketing à des post-bac, autant pour l'aspect financier que par plaisir de transmettre et partager. Dans le cadre de l'armée, j'ai aussi été pion à l'internat des pupilles de l'air.» Il a aussi travaillé l'été aux Papeteries, «aux trois huit», et vendu des cuisines et salles de bain à La Réunion, «parce qu'un de mes frères créait là-bas. J'étais devenu incollable sur les cuisines!»




L'euphorie des débuts d'internet

Mais sa carrière a véritablement débuté par un poste d'ingénieur commercial chez Itmi aptor, une branche du groupe Cap gemini. «C'était une boîte d'ingénieurs; j'étais le seul d'origine commerciale. Ce poste était une véritable opportunité. C'était une PME au sein d'un grand groupe, autant dire une excellente école. D'autant plus que j'avais une grande liberté d'action, à partir du moment où je ramenais du chiffre.» Il évolue à différents postes mais, au bout de six, il a «l'impression d'avoir fait le tour» quand on lui propose un poste de directeur des ventes dans une autre branche, chez Cap gemini innovation. «C'était un centre de R & D qui déjà en 1996 travaillait sur internet, proposait une plateforme d'hébergement, du commerce électronique, un outil de gestion de la connaissance en intranet. Nous étions des pionniers, c'était une période de folie. Il y avait une ambiance de start-up, c'était euphorisant, l'éclate! Ce sont des années marquantes pendant lesquelles j'ai créé des relations fortes. Aujourd'hui encore, je continue de voir les anciens de Cap gemini innovation.» Mais pour des questions de rentabilité, une réorganisation a dissout cette branche. «Je n'avais pas envie de reprendre un travail plus classique. J'ai proposé de racheter la source logicielle d'un de leurs produits. Ça n'a pas été simple, il a fallu un an de négociations. Mais je suis tenace!»




Levée de fonds

Christophe Mathevet tenait enfin son opportunité de créer. «Il y avait un pas à franchir. Je divisais mon salaire par trois alors que j'avais trois enfants à élever et une maison à payer. Mais ce pari correspondait à ce que je voulais faire. C'était un saut, mais aussi une évidence: c'était écrit, ça devait se passer comme ça! C'est important pour moi d'être indépendant, d'être mon propre patron et de décider de mon avenir. C'est une histoire de développement personnel, de réalisation de soi. Il faut que je fasse quelque chose de ma vie, que je construise et développe. La gestion tranquille n'est pas ma tasse de thé!» Sa société a traversé l'éclatement de la bulle internet en 2001, «une époque de grand n'importe quoi où les fondements économiques disparaissaient: il était bien de perdre de l'argent!» Dix ans plus tard, le dirigeant vise «moins des gros résultats, mais plus une optimisation du développement avec des investissements permanents sur les fonds propres de l'entreprise.» Mais pour accélérer la commercialisation d'une nouvelle offre, il est «en discussion pour une levée de fonds de 1,5M€ sur 2010-2011».