Le Medef et la CGPME face au Cidunati. A Bordeaux comme à Libourne, deux listes s'opposent pour l'élection à la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Une situation exceptionnelle, puisque la CCI de Libourne n'avait pas vu deux listes s'affronter depuis 41 ans! Le Cidunati fait ouvertement campagne contre le Medef et les équipes sortantes. Une situation surprenante à Bordeaux, où le Cidunati a géré la CCI lors de la dernière mandature main dans la main avec les autres élus. «Le Medef et la CGPME n'ont que mépris pour nous, déclare Philippe Martinie, qui conduit la liste Cidunati. Nous n'avons jamais été leur allié». Et les relations ne risquent pas de s'améliorer...
Référé rejeté
La profession de foi rédigée par le Cidunati Bordeaux a été attaquée en référé par le Medef et la CGPME. Mais le juge a considéré que les arguments du Cidunati «s'inscrivaient dans la limite du droit à la liberté d'expression».
Désaccord sur l'aérodrome d'Artigues de Lussac
A Libourne, la situation est tout aussi tendue. Yves Ratel, président sortant qui se représente, conteste les chiffres avancés par le Cidunati dans des tracts: «Les travaux que nous avons engagés sur l'aérodrome des Artigues de Lussac représentent une enveloppe de 600.000€. Cela comprend le balisage de nuit, le photovoltaïque et le hangar, pas juste le réaménagement du hangar!» Le dossier de l'aérodrome est de toute façon jugé «pas prioritaire» par Jean-Pierre Ladreyt, qui défend les couleurs du Cidunati. «Il faut avant tout développer les services aux entreprises. Et quand ils existent, il faut les faire connaître et faire en sorte qu'ils soient joignables». Jean-Pierre Ladreyt propose également la création «d'un grand pôle économique concentré sur les métiers du vin. Il y a trop d'éparpillement entre les différents acteurs aujourd'hui». Yves Ratel fait valoir le renouvellement de sa liste (60% de nouveaux candidats) et les projets qu'il veut mettre en oeuvre: réalisation d'une zone économique d'envergure, investissement dans l'immobilier d'entreprises pour faciliter la création de petites unités innovantes, développement d'une dynamique sur les filières clés du Libournais...
Meilleure implantation territoriale
Le discours sur le manque de visibilité des services de la CCI est repris par Philippe Martinie, à Bordeaux. Celui-ci propose donc que «les antennes de la CCI (à Blaye, Arcachon et Langon) soient ouvertes de facon permanente et que certaines fonctions soient mutualisées avec la Chambre de métiers». Serge Marcillaud, président de la CGPME, est conscient du «manque d'information dont dispose les entrepreneurs au sujet de la CCI. Il faut mieux communiquer». L'ouverture d'une 4e antenne, dans le Médoc, est proposée, de même que la poursuite des efforts pour une baisse des effectifs place de la Bourse (-12% lors de la dernière mandature). Il est aussi envisagé la création d'indicateurs de perception et performance de ce que lance la CCI.
Soutien à Bem
Pierre Goguet, président du Medef Gironde, souhaite poursuivre le travail de l'équipe précédente et met en avant trois dossiers stratégiques: «l'importance de jouer groupés, l'évolution de l'aéroport de Bordeaux et le soutien à Bem». Un rapprochement entre les écoles de commerce de Bordeaux et de Pau est envisagé pour gagner en visibilité à l'international.