Airbus : Comment relever le défi de l'A350
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Airbus : Comment relever le défi de l'A350

Aéronautique L'usine Airbus de Montoir-de-Bretagne se met en ordre de marche face à la forte montée en charge attendue pour l'A350. Pour relever ce défi, l'avionneur souhaite que ses sous-traitants investissent davantage pour suivre ses cadences de production.

Si la plupart des industriels sont confrontés à un manque de visibilité sur leurs marchés, le secteur de l'aronautique doit lui faire face à une importante montée en charge pour les prochaines années. Le site Airbus de Montoir-de-Bretagne est concerné au premier chef par cette envolée du carnet de commandes, liée en particulier au développement de l'A350. L'avionneur européen a en effet déjà enregistré 567 commandes fermes émanant de 35 compagnies pour son futur gros-porteur de moyenne capacité dont le premier vol commercial est prévu pour 2014.




53% de composites

Pour assembler la pointe-avant et le tronçon central de ce futur fleuron, le site de Montoir s'est doté d'un bâtiment flambant neuf de 15.000m². «La pointe-avant, c'est le cerveau de l'avion avec tous les systèmes de commande, la distribution électrique, etc. Le tronçon central, c'est le coeur de l'appareil avec le raccordement des ailes et du train d'atterrissage, les systèmes hydrauliques et le conditionnement d'air. À Montoir, nous sommes intégrateur de ces différents éléments», explique Pascal Binesse responsable de l'unité de production. Les sous-ensembles de la pointe-avant proviennent notamment d'aérolia Méaulte (80) et d'Airbus Hambourg, le tronçon central étant composé d'un caisson et d'une poutre ventrale produits sur le site nantais d'Airbus, le pavillon supérieur de 20 mètres de long provenant de Spirit. Un avion qui, pour la première fois, est majoritairement composé de matériaux composites (53%), là ou le carbone n'entrait que pour 25% dans la fabrication de l'A380. Objectif:proposer un avion plus résistant et surtout plus léger permettant d'économiser 20%de carburant.




Atteindre la cadence 10

En 2017, l'A350, représentera entre 35 et 40% de l'activité de l'usine Airbus de Montoir, une dizaine de lignes de production devant sortir dix avions par mois en 2018! Après les retards enregistrés lors du projet A380, l'avionneur se met en ordre de bataille pour pouvoir faire face à son carnet de commandes. «Nous travaillons depuis cinq ans sur le développement de l'A350 afin de standardiser et d'harmoniser nos process. Aujourd'hui, nous sommes dans un mode proactif pour anticiper et éliminer les problèmes de production et pouvoir faire face à la cadence prévue en 2018. Le mot d'ordre, c'est d'être mâture le plus rapidement possible compte tenu de l'expérience de l'A380», explique Gérald Lignon, le directeur du site Airbus de Montoir. De 250 salariés travaillant sur cette unité de production de l'A350, les effectifs devraient grimper à 300 en 2012 pour atteindre 800 à 900 collaborateurs en 2017. Une montée en puissance qui concerne également les autres programmes d'Airbus à Montoir. Sur l'ensemble de ses programmes, A320, A330, A380, A400M, Airbus Montoir prévoit ainsi une augmentation de 10% de ses cadences cette année par rapport à 2011.




Tensions avec les sous-traitants

Après avoir procédé à 290 recrutements l'année dernière, le site nazairien pourrait en recruter autant cette année, 60 embauches étant d'ores et déjà programmées sur le premier trimestre. Au plan mondial, l'avionneur prévoit même 4.000 recrutements dont 2.000 en France. Reste à savoir si les sous-traitants régionaux de rang 2 pourront suivre la cadence imposée par Airbus. «L'ensemble des sous-traitants devraient investir davantage pour nous suivre. Y a t-il un problème de crédit-crunch pour eux? Les banques semblent les accompagner ainsi que les collectivités», juge Gérald Lignon. Alors que quelques voix se font entendre pour dénoncer la pression exercée par les donneurs d'ordres sur les PME régionales, notamment dans l'aéronautique (lire l'interview de Christophe Clergeau page3), la question de la sous-traitance pourrait bien devenir centrale pour Airbus confronté au défi de l'A350.

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